Bart De Wever s’oppose à l’ouverture d’un centre temporaire de demandeurs d’asile handicapés à Deurne

Le bourgmestre d'Anvers, Bart De Wever (N-VA), s'est déclaré en désaccord avec le choix fait par Fedasil, l'Agence fédérale pour l'accueil des demandeurs d'asile, d'ouvrir avant l'été un centre temporaire de 120 places à Deurne. L’établissement est destiné à des personnes atteintes d’un handicap. D’après Bart De Wever, sa ville accueille toutefois déjà suffisamment de personnes. Le leader des nationalistes flamand dénonce par ailleurs un "choix politique" de la part de l’actuelle ministre de l’Asile et la Migration, Maggie De Block (Open VLD). Une réaction que cette dernière déplore.

"Anvers est la commune la plus solidaire de Flandre, nous accueillons deux fois plus de personnes que Gand", a fait savoir Bart De Wever. "Theo Francken (l'ancien secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, qui a démissionné en décembre du gouvernement fédéral comme tous les ministres N-VA, ndlr) en tenait compte et n'a pas surchargé le tissu social d'Anvers avec une capacité d'accueil temporaire", a poursuivi le bourgmestre.

Mme "De Block (l'actuelle ministre de l'Asile et de la Migration, Maggie De Block, qui est Open VLD, ndlr) le fait maintenant. C'est un choix politique clair de sa part", a ajouté le président de la N-VA.

Je refuse de laisser des personnes dormir dans la rue, certainement si elles sont atteintes d’un handicap

Maggie De Block (Open VLD), ministre de l'Asile et de la Migration

De son côté, Maggie De Block a déploré la réaction du bourgmestre. "Elle contraste totalement de celle des bourgmestres d’autres communes où nous devons par la force des choses prévoir des places supplémentaires temporaires", a-t-elle déclaré.

"Je refuse de laisser des personnes dormir dans la rue, certainement si elles sont atteintes d’un handicap, ce qui est le cas concernant Deurne", a-t-elle poursuivi. "Je suis pour une politique d’asile ferme mais humaine", répète-t-elle. "Il s’agit par ailleurs d’un accueil temporaire", précise-t-elle encore. Selon la ministre, le bâtiment en question est l’un des seuls offrant des facilités pour les utilisateurs de chaises roulantes. Elle souligne en outre que l’établissement se trouvait déjà sur la liste de Fedasil à l’époque où Theo Francken était encore secrétaire d’Etat.

Anvers ne peut devenir le CPAS et le centre d'asile de toute la Flandre

Filip Dewinter, député Vlaams Belang et conseiller communal anversois

Le Vlaams Belang a lui aussi dénoncé le projet de Fedasil par la voix du député et conseiller communal anversois Filip Dewinter. "Anvers ne peut devenir le CPAS et le centre d'asile de toute la Flandre", a-t-il affirmé dans un communiqué. L'élu d'extrême droite a qualifié d'"irresponsable" le fait d'installer un tel centre dans un quartier densément peuplé de Deurne, qui compte déjà "une concentration" d'étrangers, et a annoncé son intention de lancer une pétition contre l'installation de ce centre.

Un candidat de la N-VA à la Chambre lors des élections législatives du 26 mai prochain, Michaël Freilich, par ailleurs ancien rédacteur en chef de la revue 'Joods Actueel', a pour sa part fait état de l'inquiétude de la communauté juive d'Anvers face à l'ouverture de ce centre. Il a évoqué la présence en nombre croissant de réfugiés palestiniens provenant de la bande de Gaza dans une ville où la présence de la communauté juive est très visible.