Mgr De Kesel : "La tolérance zéro en matière de pédophilie au sein de l’Eglise"

Dans l’interview que Jozef De Kesel a accordée à VRT NWS à l’occasion de la fête de Pâques, le cardinal et archevêque de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles parle de la foi, du pape François et du statut de l’Eglise catholique, de la migration, des changements climatiques, mais aussi des abus sexuels commis par des religieux sur des enfants. D’après le primat de Belgique, la tolérance zéro prévaut désormais au sein de l’Eglise catholique belge et les nouveaux faits sont rapportés à la justice.

"Cela a réellement affecté notre crédibilité", souligne le cardinal Jozef De Kesel dans son entretien avec le journaliste Peter Decroubele. "Je ne dirai donc pas que ceci est dernière nous. Nous devons rester vigilants", poursuit-il en parlant des abus sexuels commis par des religieux. "Mais notre ligne de conduite impose à présent que la justice soit immédiatement informée en cas de nouveaux faits (...). Les faits ne sont pas toujours de la même gravité et la sanction sera différente. Mais c'est tolérance zéro."

En tant qu'ancien évêque de Bruges, Mgr De Kesel a lui-même rencontré de nombreuses victimes. "Je peux comprendre que pour beaucoup, la coupe était pleine. J'ai entendu des choses dont j'ignorais l'existence. Un abus est quelque chose d'irréparable. Nous devons continuer à agir, mais dire que cela s'est aussi passé ailleurs n'est pas pertinent, cela ne peut pas être une excuse", indique le cardinal visiblement ému.

La migration et les réfugiés

Le primat de Belgique a également abordé la question migratoire. Lorsque la chancelière allemande Angela Merkel a déclaré "Wir schaffen das" ("Nous y arriverons", en français), elle a été mal comprise, estime Mgr De Kesel. La chancelière parlait de prendre ses responsabilités: "Elle ne voulait pas dire que les réfugiés pouvaient venir simplement, elle voulait dire que ce n'était pas quelque chose que l'on pouvait juste ignorer."

La migration se doit d'être contrôlée, mais que cela n'empêche pas pour autant une politique migratoire généreuse, selon l'archevêque de Malines-Bruxelles. "C'est un problème mondial. Les personnes qui remplissent les conditions doivent pouvoir venir ici. De manière contrôlée. Il en va de même pour la problématique écologique et sociale: il nous en coûtera. Nous allons devoir faire des sacrifices."

Gérer le climat de façon durable

La question climatique, "incroyablement importante", met en balance l'avenir de notre planète, estime Monseigneur De Kesel. "Je soutiens l'idée d'écologie intégrale défendue par le pape François. On sent chez nous la pression exercée avec raison par les jeunes qui descendent dans la rue, mais il y a également la question sociale avec les gilets jaunes par exemple. Ces deux questions ne peuvent pas être séparées. Il en va de 'l'habitabilité de notre maison commune'."

"Nous sommes responsables pour cette maison. Nous ne pouvons pas faire ce que nous voulons de la Création. Cela vaut pour les générations à venir, mais aussi pour la nôtre. La problématique écologique et la problématique sociale sont les deux faces d’une même médaille " 

Et le cardinal de conclure que les pauvres ne doivent pas non plus être les victimes des mesures prises en matière d'énergies durables. "Les riches n’ont pas le droit de faire avec cette planète ce qui leur convient au mieux. Ils doivent tenir compte de ceux qui n’en profitent pas, et des générations futures".

Lire et écouter l'entièreté de l'interview avec Monseigneur Jozef De Kesel (en néerlandais)