Quels partis pourraient coaliser? Quels sont les axes impossibles? Voici ce que révèle le test électoral

Le 26 mai prochain, les Belges seront appelés à élire leurs représentants, à l’occasion du triple scrutin fédéral, régional et européen. Les responsables politiques devront ensuite former des coalitions. Mais au fil de la campagne électorale, des lignes de rupture se sont déjà profilées. Sur le plan du contenu, les différentes formations ont toutefois certaines similitudes, alors que d’autres sont séparées par un véritable fossé idéologique. En analysant les 226 positions du test électoral, des chercheurs ont dressé une esquisse des coalitions éventuellement réalisables, et des axes impossibles.

Le président de la N-VA, Bart De Wever, a d’ores et déjà refusé de gouverner avec les écologistes francophones, le président du PS, Elio Di Rupo, et le PTB. De son côté, le SP.A exige un retour à la pension à 65 ans, ce que la majorité des autres partis ne veut pas. Certains observateurs prévoient un axe éventuel entre les libéraux et les verts, ou encore une coalition entre la N-VA et le SP.A, telle que celle qui a vu le jour à Anvers.

Mais concrètement, qu’est-ce qui rassemble ou sépare les différents partis du point de vue du contenu de leur programme ? Les chercheurs Isaïa Jennart et Stefaan Walgrave de l’Université d’Anvers, et Michiel Nuytemand, expert au sein de la société Tree Company, ont analysé 226 positions politiques exprimées par chaque parti dans le test électoral de la VRT et du Standaard. Ils ont ainsi pu établir dans quelle mesure les réponses des formations coïncident ou diffèrent. La conclusion logique est la suivante : au plus les positions s’éloignent, au plus il sera difficile de trouver un compromis.

La gauche contre la droite, avec le CD&V pour partenaire naturel

Premier constat : le paysage politique en Flandre est fortement marqué par le modèle gauche-droite. Que ce soit au niveau économique ou culturel, on retrouve le PVDA (PTB), le SP.A et Groen à gauche, le Vlaams Belang, l’Open VLD et la N-VA à droite.

Au niveau économique, le PVDA s’éloigne le plus de la N-VA. L’écart le plus important au niveau culturel réside entre Groen et le Vlaams Belang.

Sans grande surprise, le CD&V se trouve juste au centre. "Toute coalition entre la droite et un des trois partis de gauche, ou la gauche et un des trois partis de droite est très compliquée. Le CD&V semble être le partenaire naturel dans chacun des scénarios", relèvent les chercheurs.

Les partis de gauche plus proches les uns des autres

Autre constat : les trois partis de gauche sont, au niveau du contenu, plus proches que les trois partis de droite. Les similitudes concernent le plus les thèmes économiques. Les différences touchent quant à elles l’environnement et la mobilité, le SP.A et le PVDA mettant davantage la priorité sur l’aspect social que Groen.

A droite du spectre politique, le Vlaams Belang est le plus extrême au niveau culturel, mais sur les positions économiques, le parti se rapproche du centre. De son côté, l’Open VLD est, par rapport aux autres paris, davantage au centre au niveau culturel, alors qu’il se fait dépasser à droite par la N-VA au niveau économique.

N-VA + SP.A ? Peu d’affinités

En zoomant un peu plus sur les réponses des partis aux questions du test électoral, on remarque que la position au centre du CD&V se confirme au niveau des similitudes avec les autres partis. Les pourcentages de concordance des chrétiens-démocrates flamands avec les autres partis ne sont ainsi jamais très élevés, comme le démontre le graphique ci-dessous.

On constate aussi qu’une éventuelle coalition entre la N-VA et le SP.A n’est pas évidente du point de vue du contenu. Leur concordance s’élève en effet à 40,7%, un pourcentage similaire à celui entre la N-VA et Groen. Avec 50% de concordance, une éventuelle alliance entre les verts et les libéraux flamands semble également loin d’être évidente.