De Wever: "Il n’y aura un ministre-président flamand CD&V qu’avec un gouvernement rouge et vert, mais ce sera sans nous"

Qui succèdera à Geert Bourgeois au poste de ministre-président flamand ? Actuellement, seuls le CD&V et la N-VA ont désigné un candidat, respectivement Hilde Crevits et Bart De Wever. Ce dimanche, les deux responsables politiques ont croisé le fer pour la première fois sur le plateau de l’émission dominicale de la VRT, "De Zevende dag". Un débat dont la courtoisie en a étonné plus d’un.

"Nous avons toujours collaboré et siéger ensemble dans la majorité. Je n’ai jamais eu de collision avec Hilde Crevits, ni politiquement ni personnellement", a indiqué le président de la N-VA au lancement du débat.

Bart De Wever ne semble pas pour autant prendre au sérieux la candidature de la ministre flamande de l’Enseignement au poste de ministre-président flamand. Il a rappelé qu’en Flandre, le plus grand parti fournit le ministre-président, et qu’il s’agit jusqu’à nouvel ordre encore et toujours de la N-VA.

"Le CD&V ne peut fournir de ministre-président que si les rouges et les verts siègent au gouvernement flamand. Mais à cela je réponds que ce sera sans nous", a souligné Bart De Wever, annonçant donc clairement que son parti ne formerait pas de majorité en Flandre avec Groen et le SP.A.

"Je ne trouve pas normal qu’il n’y ait qu’une seule personne qui puisse affirmer vouloir être ministre-président flamand", a défendu Hilde Crevits. "Pour moi, il s’agit d’une étape et d’un choix logique. J’ai été vice-ministre-président pendant 5 ans, et cela fait 12 ans que je suis ministre au gouvernement flamand. Donc oui, je serai une bonne coach d’équipe", a-t-elle encore commenté.

Tensions autour de l’enseignement

Si le débat s’est majoritairement déroulé dans la bonne humeur, le ton est légèrement monté au moment d’aborder le thème de l’enseignement. Bart De Wever a en effet une nouvelle fois dénoncé le recul du niveau des écoles sous la gestion de la ministre en place, Hilde Crevits. D’après lui, l’enseignement secondaire général flamand (ASO) existe encore aujourd’hui grâce à son parti. Une affirmation que la ministre, agacée, s’est empressée de nier.

Bart De Wever et Hilde Crevits ont également débattu sur le système d’inscription, sur le niveau du néerlandais au sein des écoles, ainsi que sur les coupoles des réseaux de l’enseignement.

"J’espère que l’on pourra discuter très rapidement après le 26 mai pour former un gouvernement flamand fort, et un gouvernement fédéral fort", a conclu Hilde Crevits à la fin de la rencontre. "On ne peut pas prévoir le résultat du scrutin", a pour sa part commenté Bart De Wever. "Nous espérons très vite former un gouvernement flamand, avec un partenaire logique, et c’est l’électeur qui nous le désignera".

"Un débat aisé et amical"

Le politologue de l’UGent, Carl Devos, était également présent sur le plateau du Zevende dag pour commenter le débat entre les deux candidats (voir photo ci-dessous). Selon lui, celui-ci s’est déroulé de façon aisée et dans une ambiance amicale.

"On attendait beaucoup de ce débat, comme si ça allait être un débat entre chanceliers. Mais cela fait longtemps que l’on n’en a plus en Flandre", a commenté Carl Devos. "Cela fait depuis 2007, lorsque Guy Verhofstadt (VLD), Yves Leterme (CD&V) et Johan Vande Lanotte (SP.A) avaient débattu", a-t-il précisé.

"Les deux candidats présents étaient bienveillants l’un envers l’autre", remarque encore le politologue. Sur un dialogue d’environ 50 minutes, seuls 3 ou 4 ont, selon lui, fait place à des formulations plus fortes.

D’après Carl Devos, "la chance que Bart De Wever ne soit pas ministre-président est infime". Il souligne également que les différences d’opinion entre la N-VA et le CD&V ne semblent pas insurmontables pour la formation du prochain gouvernement flamand.