Bruxelles compte sur les pharmaciens pour prévenir le cancer du côlon

Les plus de 500 pharmacies que compte Bruxelles vont prochainement être mises à contribution de la politique publique de prévention du cancer du côlon. Elles auront en effet un rôle important à jouer dans la distribution des kits de dépistage. En Région flamande, ces kits sont par contre envoyés directement par la poste aux citoyens.

"Tout le monde n'a pas de médecin traitant, mais tout le monde a un pharmacien", a commenté samedi le ministre bruxellois Guy Vanhengel (photo principale) lors d'un symposium sur la santé organisé à l'hôpital universitaire de Jette. En Belgique, 8.700 nouveaux cas de cancer du côlon sont diagnostiqués chaque année.

A Bruxelles, seuls 10% de la population cible se fait dépister pour cette maladie, alors que ce taux atteint 68% en Flandre. C'est pourquoi la Commission communautaire commune (Cocom) a décidé fin de l'an dernier d'augmenter aussi vite que possible ce taux avec le lancement d'un programme de dépistage spécifique pour Bruxelles.

Jusqu'à présent, les Bruxellois sensibilisés devaient demander un kit de dépistage à leur médecin traitant, ou en faire la demande par internet. Cette procédure s'est toutefois révélée peu efficace. Un tiers des Bruxellois n'ont en effet aucun médecin traitant. De plus, une visite chez un médecin engendre des frais de consultation, ce qui freine forcément les moins nantis. Devant la sociologie particulière de la capitale, les autorités bruxelloises ont en conséquence adapté leur stratégie de prévention en mobilisant notamment les pharmaciens.

L'envoi direct de kits de dépistage à domicile, comme cela se pratique déjà en Flandre, ne constituait pas une option à Bruxelles, selon le ministre Vanhengel. Dans la capitale, la population déménage en effet plus souvent qu'en province. Ainsi, les statistiques bruxelloises montrent que l'ensemble de la population de la Région change d'adresse tous les 10 ans en moyenne. "Envoyer un test par la poste aurait donc constitué un gaspillage d'argent", estime Guy Vanhengel.