La fusion des zones de police à Bruxelles est un point de rupture pour le CD&V

Le CD&V fera de la fusion des zones de police à Bruxelles un point de rupture, a averti le ministre de l'Intérieur et tête de liste CD&V en Flandre orientale, Pieter De Crem, sur les ondes de la VRT, lors d'un débat électoral organisé en direct ce mardi matin, depuis le Parlement flamand.

"La fusion des zones de police bruxelloises est pour nous un point de rupture", a déclaré Piter De Crem. "Si le CD&V en fait un point de rupture, il aura notre soutien", a renchéri le prédécesseur de Pieter De Crem, Jan Jambon, tête de liste N-VA à Anvers.

Pieter De Crem avait déjà plaidé pour cette fusion après les échauffourées de la nuit du réveillon à Molenbeek. Sans zone unique à Bruxelles, il est impossible de fournir un bon service, estime-t-il.

La N-VA partage cette idée mais juge qu'à elle seule, elle n'offre qu'une partie de la solution, la gestion des zones de police relevant toujours des 19 bourgmestres de la Région.

Le débat sur la fusion des zones de police bruxelloises resurgit régulièrement, les partis francophones ont jusqu'à présent rejeté un tel scénario, qui ne rencontre pas non plus la volonté des acteurs de terrain bruxellois.

Selon une étude présentée au début de l'année, tant les chefs de corps que les bourgmestres la jugent même contreproductive car sa mise en oeuvre risquerait dans les faits de mener au retour de corps de police à l'échelle d'une seule commune.

Pieter De Crem estime pourtant que cette fusion finira par se réaliser. "L’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde ne devait jamais être scindé et pourtant cela s'est produit", a-t-il fait remarquer.

Selon Pieter De Crem, une fusion est nécessaire "pour la politique de sécurité de notre pays, pour Bruxelles, qui est le noeud de notre pays, que cela nous plaise ou non".

De Crem et Jambon désireux de poursuivre au centre-droit

Par ailleurs, tant Pieter De Crem (CD&V) que Jan Jambon (N-VA) semblent désireux de poursuivre une politique de centre-droite.

L'actuel ministre de l'Intérieur redoute toutefois la réédition du scénario d'Anvers où la N-VA a éjecté le CD&V de la majorité pour lui préférer le SP.A.
"La formation de cette coalition n'est pas un signal rassurant", a souligné Pieter De Crem. "Il n'y a pas de préaccord entre la N-VA et le SP.A", a répondu Jan Jambon. “Les choix anversois ne sont pas "un reflet de ce qui va se passer après le 26 mai", a-t-il ajouté.

Pieter De Crem est l'une des figures de l'aile droite du CD&V. Il préférerait ne pas entrer dans un gouvernement avec le SP.A et Groen. Il ne rejette pas d'ailleurs l'idée de voir Jan Jambon devenir Premier ministre. "Il a la connaissance et le talent pour le faire", a-t-il souligné, tout en précisant qu'il y avait "plusieurs personnes qui feraient un bon Premier ministre".