Légaliser l’usage du cannabis: “J’espère que Di Rupo n’avait pas fumé lorsqu'il a fait cette proposition”

Le président du PS, Elio Di Rupo, souhaite que le prochain gouvernement légalise l'usage du cannabis. C'est ce qu'il dit dans La Libre Belgique. La situation actuelle est "hypocrite", selon l'ancien Premier ministre. Si du côté francophone, certains partagent ses idées, du côté flamand, il y a peu d'enthousiasme pour une telle légalisation.

Interrogé dans la Libre Belgique, le président des socialistes francophones, Elio Di Rupo, a rappelé le projet de son parti de légaliser le cannabis afin d'éviter que de très nombreux jeunes ne soient contraints de se fournir dans une filière illégale tenue par un milieu mafieux.

"Nous allons redéposer un texte de loi et nous ferons tout pour l'inscrire dans l'accord du gouvernement", a ajouté Elio Di Rupo.

Le président du PS plaide donc en faveur d'un système comme celui en vigueur au Canada, où l'État réglemente la production et la vente du cannabis. "Cela permettra également de fournir de l'argent supplémentaire aux caisses de l’Etat," ajoute Di Rupo. Avec cet argent supplémentaire, il veut relancer des campagnes de prévention contre le cannabis, "parce que le cannabis est un produit nocif".

Si du côté francophone, certains partagent les idées d’Elio Di Rupo notamment chez Ecolo, DéFi et la PTB/PVDA, mais pas au CDH, selon le Test électoral de la VRT. De son côté, le MR veut "fournir un meilleur cadre" pour la vente de cannabis.
Du côté flamand, il y a moins d'enthousiasme pour la légalisation du cannabis. Lors du débat électoral ce mardi matin, "Kies 19" sur Radio 1, Jan Jambon (N-VA) et Pieter De Crem (CD&V) ont rejetté la proposition d’Elio Di Rupo. "Apparemment, il en fait un point de rupture, il a besoin de cannabis pour boucler son budget, si je comprends bien", a réagi Jan Jambon. "Nous ne sommes pas du tout d'accord avec ça."

Pieter De Crem, pour sa part, a dit espérer "que l'ancien Premier ministre n'avait pas fumé avant de faire cette déclaration". "Il serait particulièrement étonnant aussi bien en Belgique qu’à l'étranger, que le gouvernement belge puisse non seulement cultiver de la drogue, mais aussi la vendre. Dans des "pays normaux", il y a de sérieuses pénalités pour cela" a conclu De Crem.