Nicolas Maeterlinck

Bart De Wever se dit "fier du travail qu’il a pu réaliser avec Theo Francken"

Après la diffusion, mardi par la RTBF, d'un extrait sonore datant de 2016, dans lequel il évoque des "razzias" et des "arrangements" avec son ami Francken, le président de la N-VA ne voit pas où est le problème. "Apparemment, le fait que nous ayons mené une politique efficace en matière d'expulsion des criminels illégaux est un événement qui a choqué le monde entier. Or, je suis particulièrement fier du travail que j'ai pu réaliser avec Theo Francken" estime Bart De Wever.

La RTBF a diffusé mardi un enregistrement réalisé en 2016 par un journaliste indépendant qui avait infilitré les réunions de la N-VA.
Lors d’une réunion interne à Hoboken (Anvers), à laquelle assistait ce journaliste, Bart De Wever se plaint du manque de places de détention pour les criminels en situation irrégulière dans la région anversoise. "Ne le criez pas sur tous les toits, mais ça va si loin que, quand nous planifions des interventions, nous devons réserver des places", affirme le bourgmestre d'Anvers.

"C'est l'avantage d'avoir un secrétaire d'État comme ami. Quand nous allons par exemple faire une razzia dans le Quartier Rouge (d’Anvers ndlr.), nous lui demandons: combien de places avez-vous pour nous ? Combien pouvez-vous en expulser ? Vers quel pays volent les prochains avions ? ", selon un enregistrement sonore.

Face aux rires de l'assemblée, Bart De Wever poursuit: "Vous pouvez rire, mais c'est vraiment comme ça ! Alors, vous continuez jusqu'à ce que la prison soit remplie. Et de préférence, les nationalités prévues pour 'Air Francken'. Si tu peux remplir l'avion, ce serait fou de ne pas le faire! "

Ce faisant, le président de la N-VA affirme que des actions policières à Anvers ont été menées sur une base discriminatoire, en visant de préférence certaines nationalités en vue de leur expulsion rapide.

Ces propos avaient déjà été publiés en 2016 dans l'hebdomadaire "Knack", au coeur d'un article annonçant l'ouverture d'un nouveau centre fermé pour criminels en situation irrégulière en Belgique. Republiés dans le magazine "Le Vif" puis sur le site de la RTBF mardi accompagnés d'un fragment sonore, ils ont suscité des réactions indignées notemment pour le ton utilisé par Bart De Wever.
 

"Une déshumanisation des sans papiers"

Kristof Calvo, chef de groupe Groen à la Chambre et tête de liste à Anvers, dénonce le langage utilisé.

"Ca sent la déshumanisation, tout comme le "tsunami de migrants" de Theo Francken le week-end dernier." Le leader écologiste fait aussi le lien avec les élections de ce dimanche. "Il y a une forte crainte que l'on assiste à un 'dimanche noir' (une référence aux bons sondages pour le Vlaams Belang, NDLR), mais il y a aussi une préoccupation envers la N-VA elle-même", a ajouté Kristof Calvo. "Bart De Wever avait l'habitude d'exclure le Vlaams Belang, mais maintenant ils se ressemblent de plus en plus. Dimanche il s'agira de choisir quel est le pays que nous voulons et quelles sont nos normes et nos valeurs."

Bart De Wever persiste et signe

De son côté le président de la N-VA estime que "l'expulsion des trafiquants illégaux, proxénètes, trafiquants et autres criminels vers leur pays d'origine est en effet une priorité pour lui. A Anvers, les services de police et le Département de l'immigration ont travaillé en étroite collaboration à ce sujet", explique le bourgmestre de la métropole.

Bart De Wever souligne que grâce au travail qu'il a réalisé avec son collègue de parti Theo Francken, la criminalité à Anvers a été fortement réduite et "plus de 6.250 criminels illégaux" ont été expulsés, "chiffres records absolus". "Un centre fermé pour les criminels illégaux est également en cours de construction dans la ville afin de renforcer davantage cette politique. Si l'électeur le permet, je voudrais poursuivre cette politique", conclut Bart De Wever.