Fraude à grande échelle au sein du secteur agricole dans le transport du lisier

Un article paru ce mardi dans le quotidien De Standaard révèle qu’il existe dans le monde agricole, une fraude à grande échelle dans le transport du lisier. Certains éleveurs organisent de faux transports vers des usines de transformation. Mais en réalité, le lisier est épandu illégalement dans les champs, ce qui entraîne une augmentation de la pollution des cours d'eau par les phosphates et les nitrates. Le ministre flamand de l'Agriculture Koen Van den Heuvel (CD&V) qualifie cette fraude d'”absolument inacceptable".

Pour la rédaction de son article, De Standaard s’est basé sur des conversations avec les acteurs du secteur agricole et de la transformation du lisier et des membres d'associations de protection de la nature. Le journal révèle que plusieurs acteurs de ce secteur gagnent des millions d'euros grâce à la fraude. Mais la Vlaamse Landmaatschappij' (VLM) l'Agence flamande terrienne ne veut pas se prononcer sur l’ampleur de la fraude.

"Ces dernières années, beaucoup d'irrégularités ont été constatées dans quatre entreprises de fabrication d’engrais", explique Leen Van den Bergh, porte-parole de VLM. "Le fait de mentionner plus de charges sur les documents constitue une des irrégularités détectée par plusieurs transporteurs de lisier.

Les éleveurs de bétail sont autorisés à épandre une partie de leur lisier sur leurs champs ou sur ceux de leurs collègues. L'excédent doit être traité dans une usine de traitement du lisier. Mais cela coûte de l'argent : environ 20 euros la tonne.

La fraude se produit lorsque des transporteurs de fumier conduisent des camions à moitié vides vers des usines de transformation. "Les contrôles effectués par nos inspecteurs ont en effet révélé des falsifications de documents de bord, de documents de fret et d'installations de pesage ", explique Leen Van den Bergh, porte-parole du VLM.  

Fraude dans les documents

D'après les documents officiels une certaine quantité de lisier a été transportée dans l’usine de transformation et y ait été traitée. Mais en réalité, le camion arrive à l'installation à moitié vide, ou alors le transport n’a pas eu lieu du tout, ce qui est un cas de transports fictifs. Le lisier prétendument transporté est alors épandu illégalement dans les champs.

Les éleveurs fraudeurs le font en accord avec les transformateurs et leur paient une petite commission pour faire croire que le lisier a bien été traité correctement.

La fraude se produit non seulement pendant le transport, mais aussi lors du traitement, écrit encore De Standaard. Pendant le traitement du lisier, les parties fines et épaisses du lisier sont séparées l'une de l'autre.

Le transformateur de fumier doit mesurer la teneur en nitrate et en phosphate de ces parties. Les mesures effectuées par les inspecteurs révèlent parfois des niveaux de nitrates et de phosphates beaucoup plus élevés que ce que les transformateurs de lisier indiquent officiellement.

Par conséquent, lorsque ces parties résiduelles sont répandues, beaucoup plus de nitrates et de phosphates se retrouvent dans les cours d'eau. De plus, l'échantillonnage du lisier et des terres agricoles est également manipulé par les agriculteurs eux-mêmes, avant que le fumier ne soit transporté vers les installations.

Les personnes qui prélèvent les échantillons de l'entreprise flamande de protection de l'environnement seraient soumises à des pressions pour qu'un échantillonnage sur mesure soit réalisé.

"Un fraude absolument inacceptable"

Le ministre flamand de l'Agriculture, Koen Van den Heuvel (CD&V), reconnaît que des "irrégularités" ont été constatées dans le traitement du lisier en Flandre. Il qualifie la fraude d'"absolument inacceptable".

Selon le Boerenbond, le syndicat des agriculteurs, "ce sont ces personnes qui ternissent la réputation de l'ensemble du secteur".