Flip Franssen

Pouvoir d’achat sous le gouvernement Michel : les chômeurs et pensionnés grands perdants

La population active a souvent gagné en pouvoir d'achat au cours de la dernière législature. Mais ce n'est pas le cas des chômeurs de longue durée ni des retraités dont le pouvoir d'achat a à peine progressé, tandis que celui des personnes à petite retraite s'est même dégradé. C’est ce qui ressort de l'analyse d'économistes de l’université flamande KU Leuven, qui ont été mandatés par la VRT pour étudier l'impact de la politique du gouvernement fédéral sur le pouvoir d'achat des différentes catégories de revenus.

Dans une étude datant de l'année dernière, les économistes André Decoster et Toon Vanheukelom avaient déjà analysé les effets de la politique gouvernementale de la coalition dite "suédoise" sur les différentes catégories de revenus, sans toutefois faire de distinction entre les travailleurs, les chômeurs et les pensionnés. Il en était ressorti que c'était principalement la classe moyenne supérieure qui avait vu son pouvoir d'achat progresser.

A la demande de la VRT, les économistes louvanistes ont fait de nouveaux calculs, qui livrent des chiffres plus nuancés. "Les travailleurs ont grandement bénéficié de la réduction d'impôt grâce au tax-shift", indique André Decoster. En moyenne, ils gagnent 4,4% en pouvoir d'achat. Les travailleurs à bas salaire gagnent davantage (+7%) que ceux avec un salaire moyen (+5,4%) ou un salaire élevé (+2,3%).

Si l'on se penche sur les revenus du ménage, ce sont principalement les familles de la classe moyenne supérieure qui gagnent en pouvoir d'achat. Les chômeurs de courte durée, qui trouvent un emploi après moins d'un an, voient également leur pouvoir d'achat gonfler (+4,5%).

Au contraire, les chômeurs de longue durée et les retraités ne profitent que d'un gain limité en termes de pouvoir d'achat. Ainsi, les demandeurs d'emploi qui ne travaillent pas depuis plus d'un an gagnent en moyenne 0,8%, et les retraités à peine 0,2%. Les retraités avec une petite pension voient même leur pouvoir d'achat se dégrader, précise l’étude réalisée pour la VRT.

Demir : "Accroître les avantages sociaux pour les gens à bas revenus"

Au cours d’un débat mené ce mardi matin sur Radio 1 (VRT) avec la députée socialiste Meryame Kitir (SP.A), l’ancienne Secrétaire d’Etat à la Lutte contre la pauvreté, Zuhal Demir (N-VA), déclarait souhaiter que les "avantages sociaux soient accrus pour les citoyens qui ont des revenus modestes". Demir estime que le gouvernement sortant a déjà pris des mesures en ce sens : "Nous avons aidé autant de personnes que possible à trouver un emploi".

Mais Meryame Kitir (photo, à g.) estimait que "l’inégalité va croître. Les gens avec des salaires modestes, qui reçoivent des allocations ou sont pensionnés ont vu leur situation se dégrader. Appliquer une telle mesure signifie écarter sciemment une partie de la population. Autrefois, c’est en trouvant un emploi que l’on parvenait à sortir de la pauvreté. Aujourd’hui ce n’est plus le cas".

Zuhal Demir (photo, à dr.) veut faire dépendre ces avantages sociaux des salaires. "Je pense à des avantages en matière d’énergie, d’abonnements pour les chemins de fer ou l’accueil à la petite enfance". Meryame Kitir préfère que le fait d’être au travail en vaille à nouveau davantage la peine. Elle propose de rehausser les salaires minimum et les petites pensions. "Le SP.A veut rehausser le revenu d’inclusion à 14 euros, soit un salaire brut de 2.300 euros par mois. Nous nous fixons sciemment sur les salaires bruts, plutôt que nets, car les pensions et les allocations sont calculées sur base des salaires bruts. Sinon les pensions n’augmenteront jamais".

Zuhal Demir n’est pas d’accord : "Il est important que les gens puissent conserver un salaire net plus important. La N-VA propose donc d’abolir la tranche d’imposition de 45%, que les gens atteignent rapidement".