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Elections 2019 : ce qui se joue dans chacune des circonscriptions flamandes

En Flandre, chacune des 5 provinces, ainsi que Bruxelles-Capitale, constituent une circonscription électorale. Ce dimanche, les électeurs devront choisir leurs prochains représentants aux niveaux fédéral, régional, et européen. Mais qui sont les candidats phares des cinq provinces flamandes et quels sont leurs principaux défis ?

Anvers

Le principal objectif de la N-VA ce dimanche sera de rester le premier parti de Flandre. Les nationalistes flamands comptent à nouveau attirer un très grand nombre de voix à Anvers, où Bart De Wever tire la liste du parti au Parlement flamand. Le leader de la N-VA ne cache pas son ambition de troquer son trône de bourgmestre contre le poste de ministre-président flamand. Il ne fait d’ailleurs pas face à une grande concurrence. Kris Peeters, figure forte du CD&V à Anvers lors des communales d’octobre, tire désormais la liste européenne. Si les chrétiens-démocrates flamands veulent gagner des voix, c’est principalement dans les Campines que cela se fera.

Parallèlement à Bart De Wever, trois autres présidents de parti tirent des listes à Anvers. En misant sur la problématique du climat, Meyrem Almaci va essayer de doubler le nombre de sièges de Groen aux Parlements fédéral et flamand. Le Vlaams Belang mise sur une percée au niveau fédéral grâce à son leader Tom Van Grieken. Les derniers sondages font état d’une remontée du parti d’extrême droite par rapport à ses mauvais résultats en 2014. De son côté, le parti travailliste PVDA connait davantage de succès à Anvers qu’ailleurs en Flandre. Son président, Peter Mertens, tentera ainsi de dépasser le fameux seuil électoral des 5%.

L’Open VLD compte sur un siège en plus et fait entrer dans l’arène le bourgmestre de Malines, Bart Somers, qui tire la liste flamande. Le SP.A tentera pour sa part de limiter la casse grâce, notamment, à Yasmine Kherbache au fédéral.

Flandre orientale

Les observateurs s’attendent à ce que la N-VA reste le premier parti en Flandre orientale. Les nationalistes flamands comptent notamment sur un nouveau visage : celui d’Anneleen Van Bossuyt, qui a gagné ses galons au niveau européen. Reste à voir si l’Open VLD parviendra à se maintenir dans une province traditionnellement libérale. Lors des dernières élections, il avait perdu un peu de terrain. Au niveau fédéral, Alexander De Croo devra tenter d’inverser la tendance pour garder ses sièges.

Le CD&V mise pour sa part sur la notoriété de Joke Schauvliege qui, malgré ses déboires en tant qu’ancienne ministre flamande de l’Environnement, attire encore de nombreuses voix. Groen a désigné Björn Rzoska à la tête de sa liste flamande. Le parti écologiste désire passer de 2 à 3 sièges au sein des deux parlements. Le SP.A s’est, lui, profilé sur le thème de la pension, mais enregistrait tout de même des pertes, selon les derniers sondages. Une pression supplémentaire pour le jeune Conner Rousseau, âgé de 27 ans et projeté tête de liste pour sa toute première participation à un scrutin.

Après son mauvais score il y a cinq ans, le Vlaams Belang a le vent en poupe d’après les baromètres politiques. En embarquant l’homme fort de Ninove, Guy D’haeseleer, le parti s’est offert un attrape-voix de taille. Le PVDA avait de son côté obtenu un score satisfaisant et compte emporter un siège aux niveaux fédéral et flamand.

Flandre occidentale

De toutes les provinces, c’est en Flandre occidentale que l’écart entre la N-VA et le CD&V a été le plus faible lors du dernier scrutin fédéral et flamand. La province côtière est traditionnellement un bastion chrétien-démocrate, même si la N-VA a depuis pris le dessus.

La figure de proue du CD&V, Hilde Crevits, également candidate à la ministre-présidence flamande espère réduire encore l’écart entre son parti et la N-VA. Cette dernière devrait profiter de l’absence d’un rival de taille par rapport à 2014. Geert Bourgeois est en effet passé à l’Europe, où il tire la liste des nationalistes flamands.

Côté SP.A, le président du parti John Crombez tire la liste au fédéral et mise sur la gratuité des transports en commun pour les jeunes. L’Open VLD et son candidat au niveau flamand, Bart Tommelein, a intégralement axé sa campagne sur l’emploi et l’économie. Avec Wouter De Vriendt au fédéral, Groen voudrait pour sa part grappiller un siège dans les deux assemblées. Le Vlaams Belang se concentre quant à lui sur la migration, et espère ravir un siège à la Chambre.

 

Limbourg

En 2014, la N-VA était devenue de loin le premier parti de cette province, principalement au détriment du Vlaams Belang. L’ancienne secrétaire d’Etat, Zuhal Demir, y tire la liste N-VA pour le fédéral. Le parti se concentre sur la mobilité et l’enseignement et doit défendre 5 sièges dans chacun des parlements.

Comme à son habitude, le Vlaams Belang mise sur la migration et la sécurité. Il espère ainsi chiper des électeurs à la N-VA, alors que le parti d’extrême droite ne possède pour l’instant qu’un seul député flamand.

Côté CD&V, le président du parti, Wouter Beke, tente de préserver ses trois sièges à la Chambre des représentants en axant sa campagne sur l’emploi et la qualité de vie. Les chrétiens-démocrates défendent en outre quatre sièges au Parlement flamand.

La toute nouvelle ministre flamande de l’Energie, Lydia Peeters a, elle, mené une campagne intense auprès des entreprises pour défendre les rangs de l’Open VLD. Le parti espère ainsi maintenir ses 2 sièges dans les deux assemblées.

Groen s’est pour sa part axé sur les factures élevées de l’eau et de l’électricité, mais appelle aussi à une amélioration des transports publics dans la province. Les écologistes flamands visent à obtenir un premier siège à la Chambre, et à prolonger le mandat de Johan Danen au Parlement flamand. Les socialistes du SP.A, et leur tête de liste fédérale Meryame Kitir, plaident pour plus de pouvoir d’achat et plus d’argent public en faveur du Limbourg. Le parti espère ainsi garder ses différents sièges.

Brabant flamand

Si la N-VA avait pris la première place au lendemain du scrutin de 2014, son résultat n’en demeurait pas moins plus faible qu’ailleurs en Flandre. L’Open VLD avait, lui, fait un bond pour devenir la deuxième formation, une prestation principalement attribuée à Maggie De Block. Les nationalistes flamands comptent notamment sur la popularité de Theo Francken pour préserver leurs cinq sièges à la Chambre.

Koen Geens (CD&V) aussi a grimpé les échelons ces derniers mois. Si la tendance se confirme, il permettrait à son parti de se maintenir. Après avoir perdu des plumes en 2014, le Vlaams Belang espère pour sa part faire son comeback dans les deux parlements. Un défi que Dries Van Langenhove, tête de liste à la Chambre, et leader du groupe identitaire Schild en Vrienden, compte bien relever au niveau fédéral.

Groen veut de son côté empocher un deuxième siège aussi bien à la Chambre qu’au Parlement flamand. Pour ce faire il a envoyé la jeune Jessika Soors, ancienne fonctionnaire de la cellule de déradicalisation à Vilvorde.

A en croire les sondages, le SP.A devrait se montrer satisfait s’il parvient à garder ses 2 sièges dans les deux assemblées. Pour défendre la liste flamande, il a désigné son ancien président, Bruno Tobback. On notera encore la présence dans cette province de l’UF, l’Union des Francophones, qui avait dépassé de peu le seuil électoral en 2014, et qui défend donc son unique siège.

Bruxelles

Les Bruxellois néerlandophones devront voter quatre fois ce dimanche. Ils éliront ainsi leurs représentants aux niveau bruxellois, fédéral et européen, mais devront également désigner les six élus bruxellois néerlandophones qui siègeront au Parlement flamand.

Au total, 17 députés néerlandophones siègent au Parlement bruxellois. Actuellement, l’Open VLD est le parti flamand le mieux représenté, avec cinq sièges. Réitérer ce score ne sera toutefois pas chose facile. Groen pourrait en effet profiter du succès des écologistes à Bruxelles. Les verts flamands espèrent faire mieux que leurs trois sièges obtenus en 2014. La N-VA et one.brussels (SP.A) ont chacun également trois sièges à défendre. Le CD&V en a 2, et le Vlaams Belang 1.

Un nouveau parti est par ailleurs entré dans la course : Be.One, mené par Dyab Abou Jahjah. Ce parti vise avant tout les électeurs francophones, même s’il a choisi de se présenter dans le groupe linguistique néerlandais, en espérant acquérir un siège bruxellois.

Notons enfin que les Bruxellois bénéficient de 15 sièges au Parlement fédéral. Depuis la scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, il est toutefois devenu quasi impossible pour les partis néerlandophones d’obtenir un de ces sièges.