Filip Dewinter : “Avec la poussée du Vlaams Belang, le cordon sanitaire doit être rompu"

Il semble que l’on se dirige vers un gros succès pour le Vlaams Belang en Flandre. C’est ce qui ressort en tous cas des premiers résultats. Dans 10% des bureaux de vote dépouillés, le parti d’extrême droite augmente son score de plus de 12 points de pourcentage, au Parlement flamand. Le leader anversois du Vlaams Belang Filip Dewinter a déclaré "Aujourd'hui, le cordon doit être rompu".

Lors du dernier sondage de la VRT, le Vlaams Belang augmentait son score de 3,5 points de poucentage à la Chambre pour atteindre un peu moins de 10%. Mais ce dimanche au vu des premiers résultats préléminaires, le parti de Tom Van Grieken semble faire encore plus.

Dries Van Langenhove (tête de liste indépendant du Vlaams Belang au Brabant flamand), président du mouvement d'extrême-droite Schild & Vrienden, qui fait l'objet d'une enquête judiciaire à la suite de révélations sur des messages racistes et discriminatoires, déclare qu'il est "encore prématuré de réagir" : "Je suis prêts à adhérer à cette tendance, mais il est trop tôt pour faire une déclaration à ce sujet".

En même temps, Dries Van Langenhove demande une révision du cordon sanitaire (un accord selon lequel les autres partis ne gouverneront pas avec le Vlaams Belang, ndlr.).

L'original est toujours meilleur que la copie
Filip Dewinter

Parmi les militants du Vlaams Belang réunis à Londerzeel (Brabant flamand) c’est la surprise. Même Filip Dewinter se dit surpris. "Ça a l'air bien” déclare-t-il, même s’il a un sentiment de déjà-vu et pense aux élections de novembre 1991, appelées alors le “dimanche noir" à cause de la victoire du Vlaams Belang, l’ancêtre du Vlaams Belang.

Au sujet des pertes enregitrées par la N-VA Filip Dewinter déclare que "l'original est toujours meilleur que la copie". Il appelle les autres partis à reconsidérer leurs positions concernant le condon sanitaire : "Aujourd'hui le cordon sanitaire doit être rompu", dit-il clairement.
 

Si la population veut que le Vlaams Belang fasse partie du gouvernement, il faut l'accepter.
Jean-Marie Dedecker

Jean-Marie Dedecker estime que les autres partis devraient négocier avec le Vlaams Belang en vue de la formation d’un gouvernement . "Si ce parti est autorisé à participer aux élections et que les citoyens pensent qu'il doit participer au gouvernement, alors cela devrait être fait", ajoutet-t-il. Jean-Marie Dedecker était candidat indépendant sur la liste de la N-VA pour la Chambre en Flandre occidentale.

Selon Jean-Marie Dedecker, le gouvernement précédent - qui a également inclus la N-VA pendant longtemps - est en partie responsable de ce résultat. "En termes d'immigration, les gens sont restés sur leur faim. Le gouvernement a mis le frein à main". 
 

La poussée du Vlaams Belang montrerait que la Belgique ne serait pas épargnée
Charles Michel

La poussée du Vlaams Belang en Flandre, si elle venait à se confirmer, "montrerait que la Belgique n'est pas épargnée par la montée en puissance des populistes extrémistes, comme c'est le cas dans d'autres pays européens", a réagi dimanche, sur la RTBF, le Premier ministre sortant Charles Michel (MR), préférant toutefois attendre le déroulement de la soirée électorale afin d'avoir plus de recul.

Charles Michel s'est dit "calme" et "serein" dans l'attente des résultats. Il a redit son espoir que le pays soit "gouvernable" et que des majorités puissent être rapidement mises en place afin de prendre les décisions nécessaires au fonctionnement du pays. 

Etre devant Ecolo, "il est certain que ce serait ma préférence", a dit le président du MR.