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Le Vlaams Belang triple, Ecolo double et le PTB entre au Parlement européen

Crédité d'une percée en Flandre, le parti d’extrême-droite Vlaams Belang enregistre aussi une nette avancée au niveau Parlement européen, où il passe d'un seul à trois sièges. Ecolo double la mise (2 sièges), tandis que le PTB ferait son entrée dans l'hémicycle strasbourgeois avec un siège, selon des résultats complets diffusés peu après 3h du matin. La N-VA, Open VLD, le PS et le MR perdent chacun un siège dans l’hémicycle européen.

Avec une progression de 12,55% en Flandre, la liste de Gerolf Annemans (photo), eurodéputé Vlaams Belang sortant, enverra à Strasbourg deux élus supplémentaires, à savoir Patsy Vatlet et Filip De Man.

Ecolo, qui rêvait de faire aussi bien, devrait se contenter de deux sièges (+1), avec le co-président du groupe des Verts/ALE Philippe Lamberts et Saskia Bricmont. L'ancien rapporteur spécial de l'ONU sur le droit à l'alimentation, Olivier De Schutter, resterait sur le carreau. Quant à Groen, il ne parvient pas à glaner un siège de plus que son unique siège actuel. Petra De Sutter prendrait ainsi la succession de Bart Staes.

A l'extrême gauche, le PTB (+8,9 points de pourcentage) fait son entrée au Parlement européen. Sa tête de liste Marc Botenga ralliera ainsi la Gauche unie européenne (GUE).

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Les perdants sont à chercher du côté de la N-VA, qui passe de 4 à 3 sièges. Elle reste néanmoins le plus grand parti flamand au Parlement européen (22,4%). Le ministre-président flamand sortant, Geert Bourgeois, tête de liste aux européennes, est en outre le candidat favori des Flamands, avec plus de 300.000 voix de préférence. Il emmène à Strasbourg l'ex-MR Assita Kanko et l'ancien ministre des Finances Johan Van Overtveldt.

Avec son ex-président Olivier Chastel à sa tête, la liste MR a perdu un siège. Le second strapontin qu'elle conserve irait à Frédérique Ries. L'Open VLD de Guy Verhofstadt ne fait pas mieux (-1) et conserve deux sièges (avec 16% de voix côté flamand). L'ancien Premier ministre belge reste à Strasbourg avec l'eurodéputée sortante Hilde Vautmans.

Légère perte également pour le PS emmené par Paul Magnette, qui reste cependant le plus grand parti belge au Parlement européen avec 26,6% de voix. Le parti passe de 3 à 2 sièges, le second allant à Marie Arena. Premier suppléant, Marc Tarabella devrait prendre la place de Paul Magnette qui avait averti qu'il ne siégerait pas.

Les partis qui stabilisent sont le CD&V (2 sièges: Kris Peeters et Cindy Franssen), le cdH (un siège: Benoît Lutgen), son parti frère germanophone le CSP (un siège: Pascal Arimont) et le SP.A (un siège: Kathleen Van Brempt).

JF BADIAS

Taux de participation au-dessus de 50% dans l’ensemble de l’Union

Le taux de participation aux élections européennes dans les 28 États membres de l'Union a atteint 50,5%, soit une hausse de huit points de pourcentage par rapport à 2014 et le meilleur résultat depuis les années 1990. C’est ce qu’annonçait le service de presse du Parlement européen vers minuit.

Même si les taux de participation dans les États membres restent faibles par rapport à des scrutins nationaux, la mobilisation des électeurs était cette fois en progression dans de nombreux pays ce dimanche. Elle permet d'infliger un coup d'arrêt à l'érosion continue qui caractérisait les européennes depuis 1979.

Vers une tripartite ?

D’après une projection publiée vers minuit, les conservateurs du PPE et les socialistes du S&D ne disposent plus de suffisamment de sièges pour bâtir ensemble une majorité au sein du Parlement européen. Le Parti populaire européen (PPE) reste le plus important groupe de l'hémicycle avec 178 députés (-38), tandis que les socialistes et démocrates (S&D) en obtiennent 152 (-33). Ces deux familles politiques devront forger des alliances avec d'autres pour atteindre la majorité des 376 sièges.

Le groupe libéral ALDE, renforcé par les macronistes, empocherait lui 108 sièges, tandis que les Verts/ALE deviennent la quatrième force de l'hémicycle avec 67 sièges. Chez les eurosceptiques, le groupe ENL - qui réunit le Rassemblement national de Marine Le Pen et la Ligue de Matteo Salvini - passe de 37 à 55 sièges, tandis le groupe populiste EFDD, où siège le Mouvement Cinq Etoiles italien et que devrait rallier le nouveau parti europhobe de Nigel Farage, progresse de 42 à 53 sièges.

Les conservateurs et réformistes européens obtiennent quant à eux 61 sièges, tandis que le groupe d'extrême gauche GUE engrange 39 députés.

Le candidat du PPE pour la présidence de la Commission européenne, Manfred Weber, a d'ores et déjà indiqué qu'il souhaitait discuter avec les socialistes, mais aussi les libéraux et les Verts pour conclure un accord de majorité. Frans Timmermans, le "Spitzenkandidat" du S&D, a quant à lui plaidé pour la mise en place d'une coalition progressiste, laissant entendre qu'elle pourrait ne pas inclure le PPE.