Les libéraux grands perdants du scrutin au Parlement germanophone

Alors que tous les 57 bureaux ont été dépouillés, les libéraux sont les grands perdants du scrutin de dimanche au Parlement germanophone. Avec un recul de 4,19%, ils deviennent la plus petite force politique et obtiennent 11,36% des suffrages. Le parti ProDG du ministre-président Olivier Paasch et le parti social-chrétien CSP sont maintenant au coude-à-coude avec chacun un peu plus de 23% des voix. Mais alors que ProDG voit son score augmenter de 1,1 point de pourcentage (pp), le CSP perd 1,8 pp.

La plus forte augmentation est à mettre au crédit de Vivant, qui progresse de 4,20 pp pour atteindre 14,82% des voix. Les écologistes sont en augmentation de 2,96 pp et obtiennent 12,50% des suffrages.

ProDG, le parti du ministre-président, Oliver Paasch, devient la première force politique avec 23,33% des voix, soit une augmentation de 1,13 pp. Il est talonné par le CSP (23,14%) qui est en recul de 1,72% pp. Les socialistes du SP sont également en léger recul (- 1,23 pp) et recueillent 14,84% des suffrages.

"Les deux plus grands partis doivent prendre leurs responsabilités"

La tête de liste du Christlich Soziale Partei (CSP, Parti social-chrétien) pour le Parlement germanophone, Colin Kraft, a estimé dimanche que les deux plus importants partis - à savoir le sien et celui du ministre-président Oliver Paasch - ProDG (Pro deutschsprachige Gemeinschaft) devaient prendre leurs responsabilités pour former un gouvernement à Eupen, après les élections régionales.

"Les deux plus grands partis doivent prendre leurs responsabilités. A deux, on obtiendrait douze sièges sur 25. Il faudrait donc entamer des discussions avec une troisième formation", a-t-il indiqué. ProDG - anciennement PJU-PDB, qui est issu du Parti des Belges germanophones (Partei der deutschsprachigen Belgier) - est arrivé dimanche en tête du scrutin, avec 23,33% des suffrages.

Colin Kraft a cependant précisé qu'une alliance avec Vivant était exclue. Le ministre-président germanophone sortant, Oliver Paasch, a quant à lui indiqué dimanche soir que des négociations seraient entamées dès lundi en vue de reconduire l'actuelle majorité ProDG-PFF-SP au parlement germanophone.

"C'est la première fois depuis plus de 30 ans que le CSP n'est pas la première force politique en Communauté germanophone. Par ailleurs, j'ai très content de mon score personnel puisque j'ai obtenu 4.947 voix de préférence. C'est une belle marque de soutien", a commenté Oliver Paasch.

Oliver Paasch

La poussée du Vlaams Belang inquiète en Communauté germanophone

Le score important du Vlaams Belang en Flandre inquiète aussi en Communauté germanophone. Les représentants de tous les partis ont confié se faire du souci quant à la formation d'un gouvernement fédéral, qui sera compliquée par ce positionnement à l'extrême droite de certains électeurs.

"C'est vraiment un dimanche noir pour la Belgique. En voyant ces résultats, je ne comprends pas comment autant d'électeurs ont pu être séduits par ces idées", a ainsi déclaré l'écologiste Anne Kelleter, qui siègera au Parlement wallon.

Colin Kraft (CSP) estime pour sa part qu'il s'agit d'une menace. "Les partis traditionnels doivent maintenant faire en sorte de régler les problèmes de citoyens de manière à ce que les électeurs n'aient plus envie de se tourner vers ces extrêmes", a-t-il dit. "Un Vlaams Belang aussi fort va rendre la composition d'un gouvernement fédéral extrêmement compliquée. Cela m'inquiète", a déclaré le ministre-président germanophone Oliver Paasch, qui parle d'une "situation dramatique".

Enfin, le ministre sortant Antonios Antoniadis (SP) espère, lui, "que l'on ne se dirigera pas vers de nouvelles élections et que l'on parviendra à maintenir une Belgique unie".