“Pourquoi j’ai voté pour le Vlaams Belang” : quatre Flamands expliquent leur choix

Près d'un Flamand sur cinq a voté dimanche pour le Vlaams Belang. Et pour beaucoup de Flamands, c'était aussi la première fois qu'ils choisissaient le parti d'extrême droite de Tom Van Grieken. La VRT s'est entretenue avec un étudiant de Mortsel, un entrepreneur de Wevelgem, un étudiant de Courtrai et un retraité de Hasselt. Ils expliquent leurs motivations.

Tim (21 ans), étudiant à Mortsel (Anvers)

Tim Van Leekwyck a 21 ans et est étudiant à la Haute école Artesis Plantijn d'Anvers. Il possède aussi sa propre entreprise. Il avait déjà voté pour le Vlaams Belang aux élections communales d'octobre de l'année dernière, et a fait la même chose pour la première fois dimanche au niveau flamand et européen.

"J'ai voté pour eux, comme beaucoup de jeunes, parce qu'ils ont dans leur programme des sujets qui me préoccupent. Ils ont aussi très bien défendu leurs positions et si vous regardez Tom Van Grieken (le président du Vlaams Belang), il est très différent de Filip Dewinter, beaucoup plus jeune et aussi moins radical. Et je pense que pour beaucoup de jeunes, c'est un facteur qui a joué dans le vote actuel pour le Vlaams Belang."

Tim Van Leekwyck note que parmi ses amis ils sont de plus en plus nombreux à opter pour des positions extrêmes "Vous avez l'extrême gauche et l'extrême droite. Dans le groupe d'extrême droite, ce que je vous dis est très courant, j'ai l’impression que c'est ce qui touche beaucoup de jeunes. Bref des points de vue très éloignés les uns des autres, il n'y a plus de position centrale."

Néanmoins, Tim Van Leekwyck n'est pas sûr qu'il votera encore pour le Vlaams Belang lors des prochaines élections. "Mon choix peut changer à tout moment. S'il y a d'autres partis avec des points de vue différents qui seront plus dans ma direction dans 5 ans, alors il est possible que je vote très à gauche. Je ne parle pas de la gauche ou de la droite, mais des positions qui, selon moi, sont importantes et qui le sont aussi pour la société actuelle et pour les Flamands."

Gino (60 ans) indépendant développeur de programmes informatiques à Wevelgem (Flandre occidentale)

Gino Craeynest a 60 ans et votait pour la première fois pour le Vlaams Belang parce qu’il veut du changement. "J'ai tout de suite opté pour le Vlaams Belang sans réfléchir", explique Gino Craeynest. "J'ai d'abord passé le test électoral et par deux fois j’étais proche des idées du Vlaams Belang. Je votais avant pour l'Open VLD, mais je n'aime plus ce parti. Puis je suis passé à la N-VA et la différence entre le N-VA et le Vlaams Belang est minime pour moi. Je me suis dit : "Je vais essayer le Vlaams Belang et voir ce que ça donne."

La migration, les pensions et l’honnêteté sont des thèmes importants pour Gino Craeynest. “A mon avis, les partis traditionnels se résument au partage des postes, au profit personnel et au clientélisme. On voit toujours les mêmes visages partout, ce sont des figures médiatiques. S'ils ne passent pas à la télé tous les jours, ils se sentent mal. Pour moi, un politicien ne devrait pas être une figure médiatique."

"Je trouve dommage que la N-VA et le Vlaams Belang n'aient pas la majorité en Flandre. Ce sont, pour la plupart, des vases communicants. L’Open VLD, le SP.A et le CD&V, perdent tous des voix et elles vont au Vlaams Belang. La Flandre est à droite. La N-VA est et reste le meilleur parti pour moi, mais je suis quelque peu déçu après le terme “bouffon”, utilisé par le président de la N-VA Bart De Wever la semaine dernière pour désigner le président du Vlaams Belang Tom Van Grieken. Je n'ai pas entendu ses excuses hier matin, peut-être que ça aurait pu m'influencer mais je crains que non."
 

Albert (21 ans) étudiant et DJ à Courtrai (Flandre occidentale)

Etudiant comme Tim Van Leekwyck, Albert Lafosse évoque également le succès du Vlaams Belang auprès des jeunes. "J'ai l'impression que chez les jeunes, il y a de plus en plus de sympathie pour le Vlaams Belang. Le parti était également très présent sur les médias sociaux. Les jeunes vont s'y informer davantage qu'ils ne lisent les journaux, par exemple, alors c'est une bonne idée pour le Vlaams Belang.

Albert Lafosse a voté pour le Vlaams Belang pour diverses raisons. Il veut que l'on s'attaque plus durement à la criminalité et que les pensions augmentent. Mais surtout, il pense que les partis traditionnels n'offrent pas d'alternative. "Le Vlaams Belang est vraiment proche du peuple. Ils écoutent les gens et cherchent des solutions constructives aux problèmes qui existent. Les partis traditionnels promettent beaucoup, mais n'ont apporté que peu de changements positifs. Les gens sont frustrés et le Vlaams Belang a obtenu beaucoup de votes de protestation."

En tant que DJ, il souligne qu'il n'est pas contre une société multiculturelle. "Mais seulement si chacun apporte sa contribution. Dans la vie nocturne, j'aime beaucoup le fait que différentes cultures se mélangent, mais cela doit être intégré dans notre société belge de la bonne manière".

Albert Lafosse qualifie les mesures climatiques des derniers mois de battage médiatique. "Parfois, c'était plus pour ne pas aller à l'école. Mais tant qu'un parti comme Groen ne sera pas capable de présenter un plan constructif et solide pour le climat, il ne gagnera aucune voix."

Eddy (72 ans) retraité de Hasselt (Limbourg)

Eddy Devries a 72 ans, il est retraité et vit à Hasselt. Il vient d'une famille libérale. Il est l'aîné de 10 enfants, ses frères et sœurs sont socialistes. Il se décrit lui-même comme proche de la N-VA. Les événements récents de sa vie (il a été victime d’un mariage de complaisance) l'ont amené à voter pour le Vlaams Belang pour la toute première fois de sa vie.

Eddy Devries a été déçu par la N-VA après avoir frappé à la porte de certains hommes politiques de ce parti pour tenter de règler ses problèmes, il n'a pas obtenu de réponse. Pour lui, les questions telles que les pensions, la justice et la migration sont importantes.

"Quand j'entends combien il y a eu de mariages blancs, ici dans le Limbourg, et qu'on ne fait rien pour y remédier, je ne peux tout simplement pas le comprendre. J'ai frappé à la porte des politiciens et des tribunaux, mais rien n’y a fait".