Banalisation des propos racistes : Le hashtag #allemaalvanbelang devient viral

Un appel pour dénoncer les actes et propos racistes est devenu viral sur le réseau social Twitter, depuis les élections de dimanche en Flandre. “Des conducteurs klaxonnent et lèvent un majeur agressif vers ma mère portant le foulard”, témoigne ainsi Farah. De nombreuses personnes s’inquiètent du résultat des élections et témoignent d’une banalisation du discours ou des actes racistes en Flandre.

Sous le hashtag #allemaalvanbelang, -un jeu de mot entre "tout le monde est important” et "tout le monde est du Belang”- des dizaines de personnes témoignent sur le réseau social avoir été victime, ces derniers temps d’actes de racisme.

De nombreuses personnes - issues ou non de l'immigration - expriment leur mécontentement à l'égard des résultats des élections de dimanche et sont préoccupées par la banalisation du racisme dans notre société. "Nous ne pensions pas avoir un tel succès mais pour nous c’était extrêmement important de le dénoncer", disent les initiateurs.

Tous ceux qui ont consulté leur compte Twitter ou Instagram ce mardi auront découvert de nombreux messages sur des actes de racisme et de discrimination. De nombreux témoignages personnels ont été publiés.

Pour l'étudiante Mayada Srouji et la militante des Droits de l’Homme Sarah El Massaoudi, c’était une raison suffisante pour lancer le hashtag #allemaalvanbelang qui a été suivi plus de 1 800 fois dans un court laps de temps. "Le fait que le hashtag soit repris si rapidement par des personnes issues de l'immigration montre à quel point c’était nécessaire d'en parler ", estime Mayada Srouji.

 

"Il est temps de partager sous le #allemaalvanbelang, ce que nous vivons tous les jours en rue, sur notre lieu de travail, à l'école, dans les transports en commun... parce que nos dirigeants ont choisi depuis des années par leur politique, par les médias et leur silence de tolérer le racisme. Et qui plus est de le nourrir activement".

A côté des témoignages personnels, il y a aussi cette vidéo, (ci-dessous), d’une femme exprimant des propos racistes dans un tram, qui a aussi été partagée massivement. "Depuis dimanche, les personnes issues de l'immigration ont spontanément commencé à partager leurs expériences de racisme quotidien sur les médias sociaux", poursuit Srouji. "Nous voulions rassembler ces récits - sur des expériences vécues depuis les résultats des élections ou à d'autres moments - afin de renforcer le message".

Les initiateurs étaient particulièrement inquiets de l'impact possible des élections sur la banalisation du racisme. "D'un côté, il y a des gens qui minimisent l'impact des résultats des élections et de l'autre, il y a des personnes issues de l'immigration qui affirment que le racisme est là tout le temps. Il y a eu immédiatement eu beaucoup de soutien pour ce message sur Twitter.

En plus des témoignages de personnes issues de l'immigration, il y a aussi eu beaucoup de réactions de la part des autochtones. Nadia Fadil, anthropologue à la KU Leuven, l’a constaté aussi. "Cela montre qu'il y a des réalités différentes en Flandre. La ligne de démarcation qui nous divise n'est pas tant entre personnes d’origine immigrée et autochtones, mais elle peut aussi être entre urbains et ruraux. C'est lié à la manière dont nous entrons en contact les uns avec les autres.

Seuls nous ne pouvons rien. Ensemble tout devient possible
Nadia Fadil

Nadia Fadil souligne qu'un discours différent et une meilleure compréhension sont les solutions à ce conflit. "Il y a beaucoup d'autres lignes de fractures sociales que nous ne voyons pas. Nous sommes "condamnés" à chercher des solutions ensemble en essayant de nous convaincre que “seuls nous ne pouvons rien. Ensemble tout devient possible”.