Deuxième jour après les élections : qui parle avec qui de la formation d’un gouvernement ?

Le roi Philippe a entamé lundi, au lendemain des élections fédérales, régionales et européennes, des consultations pour la formation d’un gouvernement fédéral. Il les poursuit ce mardi en rencontrant d’autres présidents de partis. Quant à Bart De Wever, président de la N-VA qui reste le plus grand parti en Flandre, il entame ce mardi des négociations en vue de la formation d’une coalition en Flandre. En Wallonie, les consultations débuteront mercredi, alors qu’en Communauté germanophone elles sont en cours depuis lundi.

Le souverain belge poursuit ce mardi ses consultations sur fond de situation de plus en plus compliquée au Fédéral. Le président du PS, Elio Di Rupo, a en effet évoqué, lundi à la radio-télévision publique francophone RTBF, la possibilité d'un gouvernement sans majorité du côté flamand. Ce que rejette fermement la N-VA, comme l‘ont déjà souligné Bart De Wever, Theo Francken et Jan Jambon.

"Je crois qu'à terme, ce sera la solution" (un gouvernement fédéral sans majorité du côté flamand, ndlr.), a indiqué l’ancien Premier ministre Elio Di Rupo (photo) dont le parti, en perte de vitesse, reste néanmoins premier au sud du pays. "Mais la question est de savoir si l'Open VLD, le CD&V, Groen et le SP.A auront, à un moment donné, la force et la volonté politique de faire partie d'un gouvernement fédéral sans majorité flamande au Parlement", a ajouté Di Rupo.

Bart De Wever a immédiatement rejeté fermement cette éventualité, estimant qu'elle constituerait un "problème majeur". Si l'on en arrive là, "nous mettrons le confédéralisme sur la table", a renchéri Theo Francken (photo, à g.), mardi matin, dans l'émission De Ochtend de la VRT. Il ne restera plus, alors, que le nom Belgique, le drapeau et la maison royale. Tout le reste, à part la Défense, devra revenir aux entités fédérées. "Si, de l'autre côté de la frontière linguistique, ils veulent un projet écolo-communiste, ils doivent y aller, mais ce sera pour leur propre compte", a affirmé l'ancien Secrétaire d'Etat N-VA.

Quant à l’ancien ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA, photo à dr.), il a estimé « impensable » de former un gouvernement fédéral sans majorité flamande.

Le discours d'Elio Di Rupo, qui fait bondir les nationalistes flamands, ne semble pas plaire davantage au CD&V. "C'est une déclaration vraiment malheureuse de la part d'Elio Di Rupo. Les électeurs flamands ont fait un autre choix que les francophones. Que la Wallonie dise aujourd'hui à la Flandre comment elle doit agir, c'est la pire des choses à faire", a ainsi déclaré l’ancien Premier ministre Yves Leterme, lui aussi invité dans l’émission De Ochtend.

Mais, pour difficile qu'elle soit, la situation n'est toutefois pas inextricable, a-t-il estimé. "En Belgique, nous avons déjà dû faire preuve de créativité dans les années '70 et '80. Je pense que nous allons à nouveau devoir nous montrer créatifs."

Formation des gouvernements fédéral et flamand

Lundi matin, le roi a reçu le Premier ministre, Charles Michel, ainsi que les présidents de la Chambre et du Sénat au palais de Bruxelles. Dans l'après-midi, il a commencé à consulter les présidents de partis, dont Bart De Wever (N-VA) et Elio Di Rupo (PS). Ce mardi, c’est au tour des présidents d'Ecolo et de Groen d'être successivement reçus au Palais, suivis par le président du CD&V, Wouter Beke (photo).

De son côté, Bart De Wever entame ce mardi des consultations en vue de la formation du gouvernement régional flamand. Il reçoit tout d’abord les plus petits partis, pour terminer par les plus grands et notamment le Vlaams Belang. Ce mardi, De Wever s’entretiendra donc avec Peter Mertens du PVDA, puis Meyrem Almaci de Groen, et enfin John Crombez du SP.A.

Discussions aux niveaux bruxellois, wallon et germanophone

A Bruxelles aussi, les discussions vont débuter pour la formation d’un gouvernement. C’est le parti écologiste Groen qui prend l’initiative du côté flamand. La députée Elke Van den Brandt recevra tous les partis, des plus grands aux plus petits. A l’exception du parti d’extrême-droite Vlaams Belang.

Pour la formation du gouvernement wallon, c’est Elio Di Rupo et son parti PS - vainqueur des élections régionales - qui prennent l’initiative. Di Rupo débutera mercredi ses consultations.

En Communauté germanophone du pays, les négociations pour former une majorité ont déjà débuté lundi, comme l’annonçait dimanche le ministre-président Oliver Paasch (photo). Avec 6 sièges et 23,33% des voix, son parti ProDG prend l’initiative de la formation.

Lundi, les négociations rassemblaient ProDG, les socialistes du SP et les libéraux du PFF. Ces trois partis forment la coalition sortante au Parlement de la Communauté germanophone. Oliver Paasch a laissé entendre dimanche qu’il souhaitait reconduire cette même coalition.

Belga