Nicolas Maeterlinck

La dépouille d’Etienne Tshisekedi a été rapatriée en RDC depuis Bruxelles

Le corps de l'ancien Premier ministre congolais et opposant historique Etienne Tshisekedi wa Mulumba, figure de l'histoire du Congo et père de l'actuel président Félix Tshisekedi, a quitté jeudi en fin de matinée Bruxelles pour Kinshasa, où il doit être inhumé samedi, lors d’un hommage officiel et populaire. Le rapatriement était initialement prévu pour mercredi soir, mais il n’y avait pas d’avion disponible au Congo pour venir chercher le corps en Belgique.

"L'avion qui ramène la dépouille du feu Premier ministre Etienne Tshisekedi vient de décoller de Bruxelles à 11h25 heure de Kinshasa", a indiqué sur Twitter la directrice de communication du président congolais, Lydie Omanga. Des sources à Bruxelles ont fait état du décollage du terminal d'affaires de l'aéroport de Zaventem de deux avions, l'un vers 9h45, l'autre - transportant la dépouille d’Etienne Tshisekedi - "peu avant 13h". L'avion devrait arriver entre 17h et 18h heures locales à l'aéroport de Kinshasa-N'Djili, a indiqué Didier Mpambia, du comité d'organisation des obsèques.

Annoncé pour mercredi soir, le rapatriement de la dépouille d'Etienne Tshisekedi avait été reporté au dernier moment. Tout est tombé à l'eau sur la base aérienne de Melsbroek peu avant l'heure du départ prévue et avant un hommage en présence du ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, lui aussi annulé. Le vol de mercredi soir "a dû être reporté à la dernière minute pour des raisons logistiques", indique le court communiqué des autorités congolaises, rédigé à l'issue d'une ou plusieurs réunions de crise, sans doute autour du président Tshisekedi.

Un hommage populaire sera prévu vendredi au stade des Martyrs de Kinshasa, qui compte 80.000 places. Sont prévus un recueillement populaire, une messe et une veillée mortuaire "en présence de la famille présidentielle", "jusqu'à l'aube".

Le père du nouveau président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo - désigné à l'issue de l'élection présidentielle du 30 décembre dernier - et alors président du parti d'opposition Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS), est décédé dans la commune bruxelloise d’Uccle le 1er février 2017, à l'âge de 84 ans des suites d'une embolie pulmonaire.

Deux ans après le décès

Pendant plus de deux ans, la famille Tshisekedi n'a pas pu enterrer son patriarche faute d'accord avec l'ancien régime du président Joseph Kabila sur les organisations des obsèques. Investi le 24 janvier, acteur de fait avec Joseph Kabila d'une première transmission pacifique du pouvoir présidentiel au Congo, le président Félix Tshisekedi se présente comme le continuateur de l'œuvre de son père, qui avait défié la dictature du maréchal Mobutu en 1982.

C'est en tous cas le mot d'ordre officiel: "Ce ne sont pas des obsèques, mais la commémoration et la célébration de la victoire de la démocratie", selon le coordonnateur du Comité d'organisation, Lucien Lundula.

Pour l'occasion, Félix Tshisekedi va recevoir six chefs d'Etat africains, dont son homologue du Rwanda Paul Kagame, un pas supplémentaire dans le réchauffement des relations entre les deux voisins. Le programme prévoit deux moments de probable ferveur populaire. Jeudi toute la journée, le cortège funèbre doit aller de l'aéroport de Ndjili jusqu'à la morgue de l'hôpital du Cinquantenaire, soit une trentaine de km. Le cortège va passer à mi-parcours à Limete à l'ancienne résidence du défunt, le siège et bastion du parti d'opposition qu'il a fondé en 1982 sous le régime du parti unique de Mobutu, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

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