"Le confédéralisme est comme le Brexit, on présente un mirage à la population"

L’ancien ministre socialiste flamand Frank Vandenbroucke (photo) se montre particulièrement critique envers le confédéralisme pour lequel plaide la N-VA. "Le confédéralisme est un mirage dans le désert, quelque chose qui n’existe pas", déclarait Vandenbroucke vendredi soir dans l’émission "Terzake" à la VRT. "Nulle part ailleurs on ne trouve le genre d’absurdités que l’on fait passer ici pour de l’avenir".

Dimanche 26 mai dernier, la Flandre votait à droite, la Wallonie préférait la gauche. Plus que jamais, la différence entre la partie néerlandophone et la partie francophone du pays est devenue apparente et la formation d’un nouveau gouvernement fédéral s’annonce très difficile.

D’après le parti nationaliste flamand N-VA, ceci prouverait bien que notre pays doit évoluer vers un état confédéral, dans lequel les états fédérés seraient pratiquement indépendants et ne conserveraient plus que quelques compétences communes.

"Mais pareille confédéralisation est un mirage", déclarait Frank Vandenbroucke dans l’émission "Terzake". "Ce n’est pas réalisable".

Dans son raisonnement, l’ancien ministre socialiste établit une comparaison avec la sortie éventuelle du Royaume-Uni de l’Union européenne. "Le Brexit est l’exemple parfait d’un mirage dans le désert. On a fait miroiter aux Britanniques quelque chose qui est impossible. Un Brexit pur est impossible si l’on ne cède pas l’Irlande du Nord à la République d’Irlande. De la même façon, le confédéralisme n’est pas possible si l’on ne cède pas Bruxelles aux francophones".

Dans le plan avancé par la N-VA, les Bruxellois vont devoir choisir pour le système flamand ou le système wallon. Selon Frank Vandenbroucke, cela n’apportera que davantage de règlementations et de bureaucratie. "On ne peut pas résoudre cette situation sans des constructions très compliquées qui ne fonctionneront pas bien. Et les Bruxellois ne seront vraisemblablement pas d’accord. Le résultat sera que l’on s’enfonce encore davantage dans le désert".

Egalement invité dans l’émission "Terzake" ce vendredi soir, le politologue Bart Maddens (photo) déclarait par contre voir certains avantages dans le fait que les Bruxellois pourraient choisir entre deux systèmes. "J’aurais même tendance à être jaloux d’eux. Ils auraient la possibilité de passer à un autre système sans devoir déménager. Mais je suis d’accord qu’en faisant ce choix, la N-VA s’avance un peu dans une voie sans issue, parce que les Bruxellois ne seront pas d’accord".

La N-VA avait également été invitée par la VRT au débat, mais n’y a pas répondu.

BELGA/VERGULT