Nicolas Maeterlinck

Action de grève dans les hôpitaux publics bruxellois

Le personnel des hôpitaux bruxellois du réseau Iris a entamé dimanche soir une grève de 24 heures. Concrètement, pour les patients et proches, le fonctionnement de ces hôpitaux publics est similaire à un service du dimanche, et il existe un risque que des consultations soient annulées. Un service minimum aux patients hospitalisés et aux urgences est, bien entendu, maintenu.

Les hôpitaux concernés par la grève sont le CHU Brugmann, le CHU Saint-Pierre, l'Institut Bordet, l'hôpital des enfants Reine Fabiola (Huderf) et les Hôpitaux Iris Sud (Baron Lambert, Etterbeek-Ixelles, Bracops et Molière-Longchamp).

Dans ces établissements, une grande part du personnel administratif, soignant, technique, se croise les bras lundi, pour aller exprimer son mécontentement devant le bâtiment de l’association faîtière Iris, dans la rue Dejoncker à Saint Gilles. Plusieurs centaines de personnes s'y sont ainsi rassemblées. Au même moment, une réunion du "Comité C Iris" y est en effet prévue, un comité de négociation entre les représentants syndicaux et ceux du conseil d'administration de la faitière qui chapeaute le tout, dont son président Renaud Witmeur (étiqueté PS, ancien chef de cabinet de Rudy Demotte).

Selon Benoit Lambotte, secrétaire régional bruxellois de la CSC Services publics, la réunion du comité était prévue de longue date, mais, "en apprenant l'action, les responsables se sont dit prêts à discuter de nos revendications" lors de celle-ci.

D'éventuelles nouvelles actions dépendront de ce qui ressort des discussions de lundi. "Si nous recevons le signal positif qu'ils sont prêts à entamer de vraies discussions sur le fond, c'est bien. Si non, il s'agira d'évaluer en front commun ce que nous ferons par la suite", ajoute-t-il. 

Salaire et conditions de travail

Les conditions de travail et de rémunération sont au centre des préoccupations. Le personnel déplore ainsi l'abandon il y a plusieurs années de la prime de fin d'année (au profit de chèques repas), comme cela avait été le cas à la même époque pour le personnel de nombreuses communes (et CPAS, structures dont dépendaient les hôpitaux du réseau Iris par le passé).

Parmi les autres revendications figurent, selon le communiqué du front commun syndical socialiste (CGSP-ALR), chrétien (CSC-SP) et libre (SLFP), la possibilité de mettre en place des réductions du temps de travail, un second pilier de pensions pour les contractuels ainsi qu'un remboursement complet des frais de transport.

Comme pour l'ensemble des pouvoirs publics bruxellois, un gros point noir, selon les syndicats, c'est les barèmes, dont ils souhaitent une revalorisation. Cette demande figure depuis un an et demi dans un "cahier de revendications" consacré aux personnels des pouvoirs publics de la capitale, "mais le train avance moins vite du côté hospitalier", constate et regrette Benoit Lambotte. Or, les syndicats ont calculé que les pouvoirs locaux bruxellois sont particulièrement sous-financés, avec "un différentiel de barèmes de 15-20% par rapport à la Wallonie ou la Flandre", rappelle le syndicaliste. Dans le secteur hospitalier, les spécificités du travail font aussi que la charge va en augmentant, entrainant son lot de "souffrance" du personnel face aux besoins des patients, selon les syndicats.

Dans le même temps, les mesures en matière de santé, au fédéral, "ne vont pas dans le sens d'une poussée vers l'embauche, pour augmenter la qualité des soins", rappelle benoit Lambotte, qui finit de dresser un tableau plutôt sombre.

Le préavis de grève du personnel des cinq hôpitaux, répartis sur onze sites à travers Bruxelles, court jusqu'à lundi soir 20h00.