Peter De Roover (N-VA): "Nous voulons savoir jusqu’où le Belang est prêt à aller pour gouverner"

"Nous voulons savoir jusqu'où le Vlaams Belang est prêt à aller pour mettre en oeuvre sa politique", a déclaré le chef de groupe N-VA à la Chambre, Peter De Roover vendredi soir dans l'émission "De afspraak op vrijdag" de la VRT. Il défend ainsi les discussions menées par la N-VA avec le parti d'extrême droite, qui est sorti vainqueur des élections du 26 mai en Flandre.

"Jusqu’ici nous avons donné le luxe au Vlaams Belang de s’installer derrière le cordon sanitaire, et de ne jamais participer à la politique et se demander : jusqu’à où désirons-nous aller pour gouverner", a indiqué Peter De Roover.

"La question est à présent concrètement sur la table", souligne-t-il. "S'ils placent la barre à un niveau proche de la N-VA, alors nous serions fous d'exclure l'électeur", a ajouté le député nationaliste. "Le président du Vlaams Belang Tom Van Grieken est pour la première fois face à un dilemme: choisir son programme ou le compromis."

"Si demain le Belang fixe des exigences - nous en avons eu des exemples cette semaine - qui ne nous conviennent pas du tout, alors la réponse sera 'non'", a poursuivi Peter De Roover.

La balle est dans le camp de Tom Van Grieken, qui doit surveiller "l'hygiène interne" de son parti, selon lui: "S'il ne veut pas fournir cette pureté et cette clarté, il se tient lui-même à l'écart de la possibilité de participer au pouvoir".

Eléments perturbateurs

Peter De Roover a indiqué ne pas vouloir faire une fixation sur les discours de membres fracassants du VB tels que Sam Van Rooy ou Filip Dewinter. "Cela ne m’intéresse pas de savoir si monsieur Van Rooy siègera au Parlement. Ce qui m’intéresse, c’est de savoir quel bouton il va pousser pour un accord gouvernemental concret. C’est là le but des négociations".

"Je veux savoir si ces personnes peuvent fonctionner dans une coalition normale", a-t-il poursuivi. "Si monsieur Van Rooy est prêt à dépasser les lignes rouges, nous pouvons alors discuter, s’il ne l’est pas, c’est la fin de l’histoire. Mais je pense que nous devons mener cette discussion de façon sérieuse et qu’il ne faut pas continuellement sortir ce bouche-trou de cordon sanitaire", a-t-il conclu.

En tant que premier parti du nord du pays, la N-VA a la main pour mettre sur pied une coalition pour la Région flamande. Le parti de Bart De Wever mène en ce sens une série d'entretiens avec les autres formations politiques.