Siegfried Bracke ne voit pas la N-VA gouverner avec le Belang: "trop de différences, comme avec le PS"

L'ancien président de la Chambre, Siegfried Bracke (N-VA), ne voit pas son parti gouverner à l'heure actuelle avec le Vlaams Belang. "Et ce pour la simple raison qu'il y a trop de différences entre nous, tout comme entre nous et le PS", a-t-il déclaré lors de l’émission De Zevende Dag (VRT). Selon lui, il faut toutefois renoncer au respect du cordon sanitaire.

Selon Siegfried Bracke, les discours du député Filip Dewinter sur l’islam et les droits de l’homme sont inquiétants. Mais c’est aussi du point de vue économique que son parti éprouverait des difficultés à gouverner avec le Vlaams Belang. "On se heurterait aux mêmes points qu’avec le PS", a-t-il souligné, faisant notamment référence au montant de la pension minimum.

L’ancien président de la Chambre a également souligné d’autres différences avec la formation de Tom Van Grieken. "A mes yeux, le Vlaams Belang est purement un parti anti-islam, ce que la N-VA n’est pas. Pour nous, la religion doit toutefois rester une pratique relevant du domaine privé. Les religieux ne peuvent en aucun cas déterminer notre société".

"Un concept d'un autre temps"

Pour Siegfried Bracke, qui a annoncé vendredi son retrait de la vie politique, la N-VA a toutefois raison de discuter en Flandre avec la formation d'extrême droite car le cordon sanitaire est "un concept d'un autre temps".

Le fait que le CD&V et l'Open VLD aient immédiatement fermé la porte au VB après les élections n'est, selon lui, "ni intelligent, ni sage".

Egalement présent ce dimanche sur le plateau de l'émission "C'est pas tous les jours dimanche" (RTL-TVI), Siegfried Bracke a réitéré le plaidoyer de la N-VA en faveur du confédéralisme, "seule manière de résoudre la différence de tendance entre le nord et le sud du pays". "Le seul problème du confédéralisme est qu'il émane de la N-VA. A un moment cela viendra, je ne sais pas quand, mais cela viendra", a-t-il affirmé.

"Un exécutif minoritaire soutenu de l'extérieur par le VB"

Pour le député fédéral indépendant, élu sur une liste N-VA, Jean-Marie Dedecker, le Vlaams Belang doit recevoir une "réelle chance" de gouverner au niveau flamand.

Un exécutif minoritaire soutenu de l'extérieur par le parti d'extrême droite constitue une piste. "J'ai proposé cela et j'y crois", a-t-il affirmé.  Dans la presse dominicale, le nationaliste flamand Theo Francken n'exclut d'ailleurs pas cette option.

D'après Jean-Marie Dedecker, un soutien de l'extérieur pourrait être similaire à celui qui fut notamment apporté aux Pays-Bas par le PVV de l'extrémiste Geert Wilders au gouvernement de Mark Rutte. "Wilders ne s'en est jamais remis. Il a dû montrer son vrai visage et il a ensuite été sanctionné", a analysé le député indépendant.