Qui sont les six enfants orphelins de djihadistes belges rapatriés par les autorités ?

Les autorités belges organisent actuellement une opération de rapatriement d’enfants de combattants belges séjournant dans des camps en Syrie. D’après les services de sécurité, ces enfants sont tous nés en Belgique, et n’ont plus de parents. "Nous ne les laissons pas mourir", a commenté le ministre Alexander De Croo.

L'accord de principe que le gouvernement fédéral belge a signé avec les autorités kurdes afin de rapatrier des enfants de combattants belges de l'Etat islamique concerne six enfants qui séjournent dans des camps syriens gérés par des Kurdes.

D'après les informations de la VRT, trois enfants sont des garçons de 6, 8 et 14 ans de la même mère, originaire de Bruxelles. Celle-ci avait embarqué ses quatre enfants en Syrie en 2014. Le plus âgé est entre temps décédé dans les rangs de Daesh. La mère des enfants et le père des deux plus jeunes sont aussi tous deux morts. Seul le père du garçon de 14 ans serait encore en vie.

Parallèlement, un garçon de 14 ans et sa soeur de 10 ans sont également en cours de rapatriement. Ils ont, eux aussi, été emportés en Syrie en 2014 par leurs parents radicalisés. Ils avaient alors 9 et 6 ans. Leur père a été déclaré mort en 2015. Leur mère serait décédée fin 2017. Les deux enfants vivent seuls depuis plusieurs mois dans des camps fermés du nord de la Syrie. Leurs grands-parents tentent depuis un certain temps de les ramener en Belgique.    

La dernière enfant à être rapatriée par les autorités est une jeune fille âgée de 18 ans. Elle avait été kidnappée par son père durant son adolescence pour être mariée à un combattant de l'organisation terroriste Etat islamique. La fille est lourdement traumatisée et aurait urgemment besoin de secours psychologique.

"Pas responsables des fautes de leurs parents"

La décision de rapatrier des enfants a fait l'objet d'une décision du comité ministériel restreint. "Il s'agit de six enfants qui n'ont plus de parents", a souligné jeudi le vice-premier ministre et ministre de la Coopération au développement, Alexander De Croo, sur la VRT-Radio.  

"Il n'y a pas d'excuses pour les choix faits par leurs parents, qui sont injustifiables, mais ce sont les choix de leurs parents", a-t-il poursuivi. "Ces enfants ne sont pas responsables des fautes impardonnables commises par leurs parents".

"Une partie d'entre eux ont également été enlevés et séjournent dans des circonstances parfois horribles", a-t-il encore précisé. Selon Alexander De Croo, deux des six enfants ont moins de dix ans.

"Un accompagnement adapté"

"Tous les enfants ont fait l'objet d'une analyse approfondie de la part du service de renseignement de la Défense ainsi que de l'OCAM, l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace. L'OCAM estime que les six enfants peuvent être rapatriés. En tant que gouvernement fédéral et comme ministre il faut pouvoir faire confiance aux services", a-t-il dit.

Chaque enfant fera l'objet d'un accompagnement adapté lors de son arrivée en Belgique. Il n'est pas question à ce stade d'envisager d'autres opérations du même type. Avant la Belgique, d'autres Etats européens ont entrepris des opérations similaires.

L'ex-secrétaire d'Etat à l'Asile et aux Migrations Theo Francken (N-VA) a condamné une telle décision. Il a mis en doute que ces enfants soient réellement orphelins et a prédit que la Belgique sera contrainte d'accepter également leurs mères djihadistes sur le territoire.