Magnette : "Etendre la coalition fédérale actuelle aux socialistes et verts, pour un an"

Le PS ne négociera pas avec la N-VA. Il n'ira pas avec la N-VA dans un gouvernement, a affirmé, jeudi soir sur le plateau de "Jeudi en prime" (RTBF) puis dans l’émission "Terzake" de la VRT, le chef de file wallon du PS, Paul Magnette (photo). Ce dernier co-gère les consultations organisées par le PS en Wallonie, avec le président du parti Elio Di Rupo. Pour Magnette, la N-VA n'est pas incontournable. Il est possible de partir du gouvernement fédéral existant - associant les libéraux et les sociaux-chrétiens - pour l'élargir aux socialistes et aux écologistes et s'attaquer aux problèmes climatiques et sociaux urgents, durant un an. La proposition est largement critiquée par les partis flamands.

D’après Paul. Magnette, ce type de gouvernement transitoire permettrait d'avoir "pratiquement une majorité dans le camp flamand". "Si le CD&V et l'Open VLD ne veulent pas d'un gouvernement minoritaire dans le camp flamand, ils devront assumer les conséquences de la crise", a ajouté le bourgmestre de Charleroi.

"On a une position très claire. C'est soit la N-VA, sans le PS; soit, c'est le PS sans la N-VA. Nous ne négocierons pas avec la N-VA car elle veut le confédéralisme et nous ne parlerons pas de confédéralisme. On veut parler de choses urgentes. Nous n'avons rien en commun. La N-VA n'est pas incontournable. On peut faire des majorités sans la N-VA. Il ne faut pas que l'on s'enlise dans la crise", a également soutenu Paul Magnette, quelques heures après une porte d'abord entrouverte par Elio Di Rupo en direction de la N-VA, et ensuite refermée par celui-ci.

D’après Magnette, son parti fait des propositions afin de ne pas être accusé d’avoir laissé la crise politique s’enliser. Il estime qu’un gouvernement en affaires urgentes est nécessaire pour résoudre des problèmes liés au climat, à la sécurité sociale, au budget fédéral. Depuis le départ de la N-VA du gouvernement fédéral, le gouvernement en affaires courantes ne dispose plus d’une majorité au Parlement pour affronter des difficultés telles qu’un Brexit sans accord ou un budget qui déraille.

Comme les deux plus grands partis du pays - le PS et la N-VA - ne veulent pas s’allier, Magnette propose que la coalition fédérale actuelle (MR, Open VLD et CD&V) s’ouvre aux socialistes (PS et SP.A) et aux écologistes (Ecolo et Groen) pour former un gouvernement transitoire, pendant un an, pour traiter les affaires urgentes.

Open VLD, CD&V et Groen pas enthousiastes

Le président du CD&V Wouter Beke ne veut pas entendre parler de l'idée avancée par Paul Magnette (PS) d'un gouvernement fédéral d'urgence pour une durée limitée. "Un gouvernement se forme autour d'une table, pas en radio ou en télévision", déclarait-il vendredi matin sur les ondes de Radio 1 (VRT).

Wouter Beke a par ailleurs appelé Paul Magnette, qui "n'est, que je sache, pas informateur", à ne pas compliquer la tâche des informateurs royaux, Johan Vande Lanotte et Didier Reynders. Le président des chrétiens démocrates flamands a en outre reconnu que le choix de l'opposition posé par le CDH francophone à tous les niveaux de pouvoir ne facilitait pas les choses. Cette décision est toutefois avant tout importante pour la formation d'un gouvernement du côté francophone, a estimé le président du CD&V.

Les écologistes flamands estiment de leur côté que la proposition du négociateur socialiste Paul Magnette de former un gouvernement d'urgence pour une durée d'un an n'est pas la bonne méthode et ne vient pas au bon moment. Groen souligne que les négociations pour former un gouvernement n'ont pas encore commencé. "Le PS se précipite constamment. La campagne est terminée, ce n'est pas la bonne méthode, ni le bon moment pour de telles idées", a brièvement réagi le parti.

Du côté de la N-VA, aucun commentaire n'a été fait. "En ce qui concerne les formations, nous conservons la discrétion", a indiqué un porte-parole des nationalistes flamands.

"Il y a parfois des propositions qui sont tellement hors sujet que les commenter n'a pas de sens", a pour sa part déclaré la présidente de l'Open VLD, Gwendolyn Rutten, sur Twitter.

Quant au Vlaams Belang, sorti deuxième parti en Flandre après la N-VA au terme du scrutin régional, il parle de "coup contre la démocratie flamande". "Cela témoigne d’un irrespect total pour l’électeur flamand", déclarait Barbara Pas, cheffe de groupe Vlaams Belang à la Chambre.

Gwendolyn Rutten (Open VLD) et Wouter Beke (CD&V)