Photo datant de la première rencontre entre les deux présidents de parti.

De Wever et Van Grieken passent à la vitesse supérieure, l'Open VLD demande plus de clarté

Un gouvernement flamand minoritaire composé de deux partis avec l'appui extérieur d'une troisième formation n'est qu'un "plan B", a affirmé le chef de groupe N-VA au parlement fédéral, Peter De Roover, lundi dans l'émission De Ochtend (VRT). Samedi après-midi, Bart De Wever s’est une nouvelle fois entretenu avec le président du Vlaams Belang, Tom Van Grieken. Des textes concrets concernant l’intégration, les soins de santé et l’enseignement étaient notamment sur la table des discussions. Face à cette troisième rencontre, la présidente des libéraux flamands a demandé à la N-VA de clarifier sa position vis-à-vis du parti d'extrême droite.  

En Flandre, la N-VA et le Vlaams Belang ne disposent pas de la majorité au parlement régional, ce qui rend indispensable l'appui d'un troisième partenaire. Or, tous les autres partis au nord du pays ont déjà dit qu'il ne gouvernerait pas avec l'extrême droite.

La piste d'un gouvernement minoritaire soutenu de l'extérieur est dès lors envisagée mais elle ne reste qu'un "plan B", a déclaré Peter De Roover ce matin. "Un gouvernement majoritaire doit être le principe. Si un soutien extérieur est nécessaire parce qu'il n'y a pas d'autres solutions, soit. Mais ce n'est pas l'option privilégiée", a-t-il assuré.

"Nous voulons former un gouvernement qui correspond le plus à notre programme. Un gouvernement majoritaire de préférence, ce qui reste clairement la meilleure formule. Que d'autres formules soient viables, c'est une chose mais on ne veut pas être le chien qui remue la queue et puis qui s'en va", a-t-il ajouté.

Selon le chef de groupe nationaliste, Bart de Wever serait enfin en train de jeter un dernier coup d'oeil aux coalitions possibles. Sans vouloir avancer de date, il a estimé que le 11 juillet, fête de la Communauté flamande, "reste un bel objectif".

Intégration, soins de santé et enseignement

Samedi après-midi, le trio composé par le président du Belang, Tom Van Grieken, la députée fédérale Barbara Pas et le chef de groupe à la Chambre, Chris Janssens, était une nouvelle fois reçu par le formateur flamand, Bart De Wever.

Les discussions  auront duré plus de trois heures et commencent à se concrétiser. Trois thèmes prioritaires ont été avancés en vue d’un accord gouvernemental : l’intégration, les soins de santé et l’enseignement.

D’après Chris Janssens, cité par le quotidien De Standaard, un texte contenant des mesures concrètes a été élaboré dans ces différents domaines. Le chef de groupe a répété que la N-VA restait son partenaire privilégié. "Il est logique que les deux partis nationalistes flamands saisissent ce moment, vu le mandat que nous avons reçu des électeurs", a-t-il souligné.

De son côté, la N-VA n’a pas souhaité donner davantage d’information sur le contenu des discussions. Ce dimanche, Theo Francken avait toutefois indiqué que le plateau de la VRT que le nationaliste inclusif et les droits des homosexuels constituaient un point de rupture.

L'Open VLD demande des clarifications

Les autres partis flamands seront à nouveau reçus cette semaine par Bart De Wever. D’après De Standaard, il se pourrait toutefois qu’après le PTB/PVDA, les écologistes de Groen ne soient à leur tour plus conviés à la table des négociations.

De son côté, la présidente de l'Open VLD, Gwendolyn Rutten, a demandé lundi à son homologue de la N-VA Bart De Wever de clarifier sa position vis-à-vis du Vlaams Belang.  "Cette préformation, ce n'est pas un confessionnal qui n'engage à rien, elle doit à nos yeux mener à la formation d'une majorité stable et majoritaire pour la Flandre", a affirmé Mme Rutten dans un communiqué.

Gwendolyn Rutten dit "respecter" le choix de Bart De Wever de mener des pourparlers avec le Vlaams Belang, mais elle demande au président de la N-VA de jouer peu à peu "cartes sur table" et répète que sa formation ne participera pas "à des exercices auxquels prend part le Vlaams Belang".

"Un parti dont la vision de l'homme et de la société est opposée à la nôtre, qui plaide pour le séparatisme, remet en question la coopération européenne et recèle des politiciens qui dépassent régulièrement les limites de la décence humaine et politique, ne pourra jamais être partenaire d'un parti libéral. Ni à l'intérieur, ni depuis l'extérieur d'un gouvernement", ajoute Mme Rutten, rejetant ainsi tout exécutif minoritaire soutenu de l'extérieur par l'extrême droite.

Bart De Wever n'a pas souhaité réagir personnellement à cette demande de clarification. "On continue de travailler dans la discrétion", a indiqué son porte-parole. De son côté, le président du Vlaams Belang n'a pas tardé à répondre "La question est de savoir au nom de qui madame Rutten parle encore", a réagi Tom Van Grieken, avançant qu'une majorité d'électeurs de l'Open VLD soutenait, selon lui, la formation d'un gouvernement avec le Belang.