La mission d’information de Reynders et Vande Lanotte prolongée jusqu’au 1er juillet

Didier Reynders (MR) et Johan Vande Lanotte (SP.A) ont présenté ce lundi après-midi au roi Philippe (photo) le deuxième rapport de leur mission d’information, dont ils se sont vus investis le 30 mai, au lendemain des élections fédérales. Le souverain les a chargés de poursuivre leur mission. Ils mèneront des discussions approfondies avec les partis encore utiles pour former un gouvernement fédéral, en procédant par thèmes, indiquaient Vande Lanotte et Reynders au cours d'une conférence de presse.

Le plus urgent, indiquent les informateurs, est l’élaboration du budget 2020, pour lequel il est important d’avoir un gouvernement fédéral en place en octobre au plus tard. Comme les autres pays membres de l’Union, la Belgique doit en effet remettre en octobre aux instances européennes sont projet de budget pour l’an prochain.

Sinon, la Belgique risque non seulement de voir son image écornée au niveau européen, mais aussi de perdre progressivement le contrôle de son budget - au détriment de la population "qui devra le payer par la suite", soulignait Johan Vande Lanotte. L’absence d’un budget bien balisé risque de faire grimper la dette publique.

Les informateurs indiquent avoir rencontré ces derniers jours notamment des acteurs du secteur social et de la lutte contre la pauvreté, qui ont souligné l’importance d’une concertation sociale, du rehaussement du revenu d’intégration et d’un meilleur accès aux soins de santé.

D’autres thèmes au sujet desquels les informateurs ont demandé à tous les partis de clarifier leur position - afin de pouvoir voir sur quels points ils peuvent s’accorder - sont le marché du travail, la création d’emplois, la lutte contre la pauvreté, le montant minimal de pension et l’âge de la pension légale, mais aussi la politique dans différents départements comme la justice, police, pensions, la migration. Le climat est également l’un des thèmes primordiaux sur lesquels les futurs partenaires au gouvernement fédéral devront s’entendre.

La liste des sujets ne mentionne pas une réforme institutionnelle. "Nous ne cherchons pas une majorité des deux tiers. On est déjà bien en peine de trouver une majorité simple. Cela ne veut pas dire que c'est totalement absent de ce que l'on entend ou de ce qui se dit à l'extérieur", expliquait Didier Reynders.

Poursuivre dans la discrétion

Didier Reynders et Johan Vande Lanotte affirment vouloir poursuivre leur travail dans la discrétion, afin de ne pas nuire aux négociations. Ce qu’ils sont parvenus à faire jusqu’à présent, la presse notamment respectant leur souhait.

Johan Vande Lanotte soulignait aussi avoir constaté un état d’esprit différent au sein des partis que lors des scrutins précédents. En effet, beaucoup de partis traditionnellement appelés à former un nouveau gouvernement fédéral ont essuyé cette fois une défaite et s’interrogent encore toujours - trois semaines après le scrutin - sur les causes de leur importante perte de voix. "Ils sont encore en mode post-électoral et se demandent comment faire pour éviter, la prochaine fois, cette perte de voix", précisait l’ancien ministre SP.A.

Les informateurs recevront maintenant les partis encore dans la course, un par un dans un premier temps, avant peut-être d'en mettre plusieurs autour de la table. Les informateurs reconnaissent la difficulté de leur mission. Johan Vande Lanotte l'a comparée au dessin du Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry qui représente un boa digérant un éléphant mais que l'on prend d'abord pour un chapeau.

Face aux déclarations des uns et des autres des derniers jours, qui ne semblent pas faciliter la constitution d'un gouvernement, le socialiste flamand se veut psychologue. " Il faut se demander ce qu'il y a derrière ces messages, quels sont les mécanismes à l'œuvre", a expliqué le socialiste flamand. Les deux informateurs feront un nouveau rapport au roi le 1er juillet.