Deux jeunes filles belges radicalisées de 15 et 18 ans retrouvées à Paris

Le parquet de Paris a ouvert une enquête après l'interpellation dans la capitale française de deux jeunes filles radicalisées de 15 et 18 ans, de Flandre orientale, retrouvées dans un immeuble du IXe arrondissement dans la nuit de jeudi à vendredi dernier.

L’information a été révélée mercredi par le journal français Le Figaro et confirmée par la porte-parole du parquet fédéral belge Wenke Roggen. Cette dernière précise avoir repris le dossier de la jeune fille majeure, qui a été libérée après audition. Le dossier n'ayant pas été porté à l'instruction, elle n'a pas été inculpée.

Le cas de la mineure reste traité par le parquet local de Flandre orientale.
La garde à vue du suspect soupçonné d'avoir cherché à les embrigader a été levée lundi sans qu'il ne fasse l'objet de poursuites, selon Le Figaro. Ce volet de l'enquête est mené par le parquet de Paris.

Une des soeurs aînées de la jeune fille majeure (I. N.) explique que les deux adolescentes se fréquentaient depuis 2 à 3 mois. Bien que la mineure (I. C.) était fichée par la Sûreté de l'Etat pour avoir tenté de se rendre à deux reprises en Syrie, elle aurait assuré à la famille de I. N. qu'elle avait changé et qu'elle était aujourd'hui suivie par un psychologue.

La plus grande passait le week-end du 8 juin chez son amie, mais elle n'est pas rentrée comme prévu dimanche. Leur disparition a alors été signalée à la police, qui a émis un avis de recherche. L'enquête aurait notamment permis de révéler qu'elles avaient été vues pour la dernière fois le dimanche vers 16H00 à la gare de Gand.

I. N. a déclaré à sa famille que son amie lui avait seulement proposé d'aller à Paris pour s'amuser, mais elle se serait retrouvée le dimanche 9 juin au soir chez un converti français de 29 ans, adepte de l'islam radical, qui entretenait une relation de type marital avec la jeune mineure. Elle a de plus expliqué qu'il lui interdisait de sortir de l'appartement. Jeudi, I. N. a réussi à lancer des appels à l'aide à des amies et à des membres de sa famille en se connectant via l'application Snapchat. Elle aurait pris une photo d'elle avec un jilbeb, qu'elle était contrainte de porter.

Elle a fait état du projet de l'homme de se rendre avec elles deux en Egypte pour rejoindre l'Etat islamique. La famille a alors communiqué la localisation indiquée sur l'application à la police. La jeune fille a par la suite réussi à envoyer l'adresse exacte. Celle-ci a également été transmise à la police belge. Des membres de sa famille se sont alors rendus à Paris.

Jeudi soir, Le frère et le beau-frère sont allés à l'adresse communiquée, tandis que sa soeur, sa mère et son père se sont rendus dans un commissariat local. Peu avant minuit, avant que leur audition ne soit terminée, le frère a prévenu par téléphone qu'il avait récupéré sa jeune soeur.

Ils avaient été frapper à la porte. Le suspect aurait dit aux deux jeunes filles d'aller se cacher dans la cave en passant par une autre porte de l'appartement. La plus jeune s'y serait rendue, mais I. N. aurait couru jusqu'à son frère quand elle était en bas de l'immeuble. Des voisins ont appelé la police à cause du bruit généré et des agents seraient arrivés sur les lieux. La jeune mineure a pu être retrouvée au sous-sol. Le suspect a été interpellé pour soupçon de soustraction de mineurs en relation avec une entreprise terroriste et l'enquête ouverte par le parquet de Paris a été placée sous le chef d'association criminelle de malfaiteurs terroristes, selon le quotidien français.

D'après sa soeur, I.N. aurait été auditionnée au commissariat local et par la police judiciaire française jusqu'à 16H30 environ vendredi. La famille est rentrée en Belgique samedi. Un appel les a averti d'une audition prochaine par la police belge, mais celle-ci n'aurait pas encore eu lieu.