Insécurité routière à Schaerbeek : des manifestants se couchent sur le bitume à un carrefour

Une centaine de parents et d'enfants se sont couchés jeudi matin pendant quelques minutes sur le bitume au coin de la rue Waelhem et de la chaussée d'Helmet à Schaerbeek. Réunis à l'appel du collectif 1030/0, ils ont protesté contre l'insécurité routière dans la commune et réclamé des aménagements routiers.

La semaine passée, à ce carrefour, une jeune fille a été fauchée par un chauffard alors qu'elle se rendait à l'école. Cet accident s'inscrit dans une série noire qui touche Schaerbeek depuis plus d'un an.

Le quartier est classé en zone 30 mais les aménagements n'ont pas suivi, dénoncent les manifestants.

"Nous en avons marre de prendre des risques à traverser la rue à Schaerbeek. Nous sommes dans une zone où la vitesse est limitée à 30 km/h mais il n'y a pas assez d'aménagements qui poussent les automobilistes à rouler à cette vitesse. C'est le cas à ce carrefour comme ailleurs à Schaerbeek", a expliqué l'un des coordinateurs du collectif, Benoît Gérard.

Le collectif réclame des aménagements routiers qui soient désormais pensés en donnant la priorité à la sécurité routière sur les autres critères que sont, par exemple, la fluidité du trafic ou le confort de conduite, et en privilégiant les piétons et cyclistes, ainsi que la protection des usagers faibles (personnes âgées, enfants).

"C'est une question de volonté politique. Il faut dégager des budgets. Nous attendons des signaux forts de la Région et de la commune. Actuellement, c'est trop timide. On a créé une zone 30 mais on voit bien qu'il n'y a pas assez de résultats. La série d'accidents vient rappeler que ça va trop lentement", a souligné M. Gérard.
 

Le bourgmestre de Schaerbeek relativise le nombre d'accidents sur son territoire

Le bourgmestre de Schaerbeek a relativisé mercredi après-midi le nombre d'accidents de la route survenus ces dernières semaines sur le territoire de sa commune, après un troisième fait du genre devant une école sur un mois de temps. Bernard Clerfayt (DéFI) estime ainsi qu'il n'y en a pas davantage et que ceux-ci sont surtout dus à des fous du volant ou à des défauts d'attention des automobilistes et des piétons.

Un enfant âgé de moins de 10 ans a été renversé mercredi midi par un automobiliste devant l'Ecole n°2 à Schaerbeek, rue Gallait. Il ne présentait pas de blessure apparente mais a été emmené à l'hôpital par précaution.

Avant cela, le 5 juin dernier, un enfant de 6 ans avait été renversé rue Dupont par un automobiliste qui avait pris la fuite. Il n'avait pas été blessé. Et jeudi dernier, c'était une adolescente de 14 ans qui avait été fauchée par une voiture au croisement entre la chaussée de Helmet et la rue Waelhem. Elle avait été hospitalisée dans un état critique, qui s'est ensuite stabilisé.

Face à ces différents faits, le bourgmestre schaerbeekois a tenu à faire le point mercredi après-midi. Selon les données de l'Institut bruxellois de statistique et d'analyse qu'il a évoquées, il y a environ 350 accidents avec blessés légers par an à Schaerbeek, soit environ 1 par jour, et de 10 à 15 accidents graves, ce qui équivaut à 1 par mois.

"Il n'y a pas plus d'accidents qu'avant mais il y a une attention médiatique plus importante à Schaerbeek, qui fait écho à une demande populaire d'avoir moins de violence routière", commente-t-il. "L'attention médiatique sur la commune remonte au décès de la journaliste du Standaard fin 2017 et à la création du collectif 1030/0. Donc, dès qu'il y a un accident aujourd'hui, on en parle", résume-t-il.

Des statistiques publiées vendredi dernier dans la presse flamande faisaient état de moins de contrôles par habitant à Schaerbeek qu'à Anvers ou Malines par exemple. "Quand vous placez des radars automatiques sur des autoroutes, le nombre de contrôles devient d'un coup gigantesque. Mais il n'y a pas d'autoroute dans ma commune et il n'y a, comme grand boulevard, que le boulevard Lambermont", rappelle Bernard Clerfayt. "Les contrôles sont donc, à Schaerbeek, des petites opérations policières", illustre-t-il.

Le bourgmestre contrebalance de plus ces données avec celles du baromètre de Vias, l'Institut belge pour la sécurité routière, qui montre qu'il y a moins d'accidents par habitant en Région bruxelloise qu'en Flandre et en Wallonie. Il a également été précisé mardi soir, au conseil de police, que le nombre d'accidents dans la zone de Bruxelles-Nord (Schaerbeek, Evere et Saint-Josse-ten-Noode) est en dessous de la moyenne régionale, appuie-t-il.
Bernard Clerfayt attribue les derniers accidents à quelques "fous du volant", qui font l'objet d'une attention particulière de sa police, et de défauts d'attention des automobilistes mais aussi des piétons.

L'accident de jeudi matin a ainsi été causé par un automobiliste qui avait déjà fait l'objet d'interdictions de conduire et, dans les deux autres accidents signalés ce mois-ci devant des écoles, il s'agissait de femmes inattentives qui n'ont le bourgmestre. "C'est vraiment du comportement. Je rappelle l'obligation de prudence aux automobilistes mais aussi aux piétons, qui traversent parfois sans même regarder avec leurs GSM, leurs écouteurs... Comme ils ont priorité, des gens prennent le passage piéton sans avoir le contact visuel avec le chauffeur, ce qui est pourtant inscrit dans la loi."

Une rue scolaire existe depuis plus de 15 ans à l'avenue Raymond Foucart. Une autre est située rue Verwée et une dernière, testée rue Verte, sera pérennisée à la rentrée après travaux. Il n'est cependant pas possible de mettre en place des rues scolaires devant les deux dernières écoles où il y a eu des accidents car il s'agit de voiries principales où passent notamment des trams.