Le secteur de la construction veut stimuler la rénovation moins énergivore

"Avec la mobilité, nous sommes l'industrie qui fait partie de la solution dans la lutte en faveur du climat", estime Robert de Mûelenaere, administrateur délégué de la Confédération Construction. Il a détaillé ce vendredi plusieurs mesures - notamment financières - qui doivent permettre de rendre les bâtiments moins énergivores. Entretemps, le secteur de la construction estime que sa croissance en 2019 (évaluée à 2,5%) sera « significativement plus élevée » que la croissance économique de l’ensemble du pays (1,2% d’après la Banque nationale).

Toutes les mesures proposées par la Confédération Construction ne sont pas neuves, à l'instar de la demande de généralisation de la baisse de la TVA sur la démolition-reconstruction. Actuellement, la TVA est de 21% en Belgique, sauf dans 32 centres urbains où le taux a été revu à 6%. La Cour des comptes estime le coût d'une généralisation à 6% à 100 millions d'euros.

La Confédération demande par ailleurs de "créer un cadre de confiance pour la rentabilité des rénovations". Une personne qui a effectué des rénovations à son logement pour en améliorer l'efficacité énergétique ne doit pas être pénalisée fiscalement, en voyant son revenu cadastral à la hausse par exemple. La Confédération plaide pour la mise en place d'un cadre de référence qui instaurerait un climat de confiance auprès des consommateurs et des opérateurs financiers.

Elle demande l'application des taux d'intérêt verts afin d'augmenter la capacité d'emprunt des acheteurs et à intégrer l'impact de la facture énergétique dans la capacité de remboursement. L'intervention d'un tiers investisseur est aussi évoquée. Un propriétaire pourrait ainsi financer des travaux de rénovation avec l'aide d'un tiers à condition de jouir d'une rentabilité suffisante.

Améliorer la formation

Face aux enjeux énergétiques et alors que le secteur compte actuellement 12.600 emplois vacants, la Confédération souhaite également une collaboration avec les autorités régionales afin d'améliorer la formation. "Il faut avoir les ressources humaines nécessaires afin de développer le grand plan ambitieux de mise aux normes des bâtiments en matière énergétique, en mettant l'accent notamment sur des spécialisations telles que la ventilation des bâtiments, l'assainissement des sols et des eaux...", souligne Robert de Mûelenaere.

"On en est à l'étape des accords de gouvernement. C'est donc maintenant que nos recommandations doivent être analysées. Les gouvernements sont au pied du mur en matière de lutte contre le climat et nous le sommes avec eux", souligne encore l'administrateur délégué. "Mais nos entreprises nourrissent dans le même temps un grand enthousiasme à l'idée d'être acteurs de ce changement pour les prochaines années."

La Belgique est le pays en Europe où le rattrapage énergétique à faire sur les bâtiments est le plus important. Les logements et bâtiments y représentent 40% des émissions de CO2 et trois quarts des logements datent d'avant 1985, lorsque sont apparues les premières réglementations thermiques.

© Kees van de Veen