Le projet d’Actiris de former des sans-papiers aux métiers en pénurie suscite de nombreuses réactions négatives

A Bruxelles, Actiris envisage d’autoriser les personnes sans titre de séjour à s’inscrire auprès d’elle afin d’accéder à une formation professionnelle pour les métiers en pénurie. Le comité de gestion de l’agence bruxelloise de l’emploi a approuvé une proposition en ce sens fin janvier.

Il y a de nombreux emplois en pénurie et de nombreux postes restent vacants, à Bruxelles, l'agence pour l'emploi veut intégrer les sans-papiers dans le circuit du travail, leur offrir une formation et, finalement, leur offrir un emploi.

"J'insiste, tout est encore au stade de l’étude, mais à la demande de notre conseil d'administration, nous y travaillons, oui. Notre conseil d'administration est composé de représentants des employeurs et des employés, et les deux parties nous demandent d'examiner ce qui est faisable. C’est ce que nous sommes en train de faire", explique Jan Gatz, porte-parole d'Actiris. "De nombreux emplois ne sont pas pourvus à Bruxelles. Les sans-papiers pourraient bien être en mesure de combler ce manque."

L'idée a provoqué immédiatement des réactions négatives. La ministre fédérale de l'Asile et de la Migration Maggie De Block (Open VLD) et son prédécesseur Theo Francken (N-VA) ne pensent pas que ce soit une bonne idée. Maggie De Block parle de "régularisation collective", tandis que Franken pense qu’il s’agit d’un plan du nouveau gouvernement bruxellois de procéder en cachette à une "régularisation de masse".

Jan Gatz préfère ne pas répondre à ces critiques : "L'idée n'en est qu'au stade de l'étude et il est encore trop tôt pour en parler. Par ailleurs, c'est au futur ministre bruxellois de l'Emploi de donner son avis."