Le Vlaams Belang occupera un siège au conseil d'administration d'Unia

Comme le nombre d’élus du Vlaams Belang au Parlement flamand a fortement augmenté depuis les élections du 26 mai dernier, le parti d'extrême-droite a soudain le droit de nommer un certain nombre de représentants au conseil d'administration notamment d'Unia, le centre pour l'égalité des chances. Et le Vlaams Belang compte bien revendiquer ce droit. C’est le quotidien De Morgen qui publie l’information ce lundi et elle a été confirmée depuis à la VRT.

Un document préparatoire que De Morgen a consulté stipule que le parti d'extrême droite a droit à un siège. Et il pourrait bien y prétendre désormais.
"Nous avons l'intention d’occuper ce siège", a confirmé lundi matin Chris Janssens, chef de groupe flamand pour le Vlaams Belang, dans "De ochtend" sur Radio 1 (VRT).

"Et nous avons l'intention d'y adopter une attitude très critique.

Unia est en effet dans le viseur du parti. "Nous mettons en question la raison d'être, le fonctionnement et le soutien de ce prétendu centre d'égalité des chances", ajoute le chef de fraction du Vlaams Belang.

Selon le parti d’extrême-droite Unia n’est qu’un institut qui recueille les plaintes des allochtones et qui se comporte comme une "police de la pensée" dont "les Flamands sont les victimes". "À notre avis, il n'y a pas d’opinions erronées , il n’y a que des faits délictueux. Unia veut punir les divergences d’opinions devant les tribunaux au lieu de lutter contre les véritables discrimination par exemple envers les handicapés", ajoute Chris Janssens.

S’il n’en tenait qu’au Vlaams Belang Unia pourrait simplement disparaître.
"Il s'agit d'un siège sur 21", tempère la directrice d'Unia Els Keytsman. "De plus, vous ne pouvez pas supprimer Unia de l'intérieur. L'Europe exige l'existence d'une telle institution dans notre pays."

Par ailleurs Els Keytsman qualifie aussi l'arrivée du Vlaams Belang d'"intéressante". "C'est peut-être l'occasion de leur montrer que nous ne correspondons pas aux clichés qui prévalent chez de nombreux Vlaams Belang".

Unia appelle le parlement flamand à tenir compte de l'expertise plutôt que de l'encartage

"Nous lançons un appel au parlement flamand, pour qu'il choisisse les personnes avec la meilleure expertise et le plus d'expérience" et à ne pas tenir compte en premier lieu de l'encartage du futur administrateur, a commenté lundi Els Keytsman, directrice d'Unia. Quatre des 21 administrateurs doivent reflèter le parlement flamand.

Le processus de renouvellement du CA d'Unia "est un processus parlementaire", rappelle Patrick Charlier, autre directeur du centre. "Donc il faut que tous les candidats aient une majorité au sein des parlements qui les désignent". L'échéance étant assez éloignée, "on verra quel sera l'équilibre et qui sera candidat", relativise-t-il.

"Les partis politiques, et ici le Vlaams Belang, n'ont pas droit à un représentant en tant que tel dans notre conseil d'administration. C'est une intention, un souhait lié aux résultats des élections", mais ce n'est pas un droit d'accès absolu, conclut-il.
Dans le conseil d'administration actuel siège Matthias Storme (étiqueté N-VA). Un choix qui avait déjà été jugé interpellant puisque l'avocat gantois était connu pour être un opposant affirmé à la loi anti-discrimination.

Pour rappel, Unia, alors le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme, et l'aile flamande de la Ligue des droits de l'homme sont à l'origine du procès du Vlaams Blok, qui a abouti à la condamnation en 2004 de trois ASBL liées au VB pour racisme et par ricochets au changement de nom du parti d'extrême droite.