Kris Peeters remet sa démission au fédéral, pour rejoindre le Parlement européen

Le vice-Premier ministre CD&V et ministre de l'Emploi, Kris Peeters (photo), remettra ce mardi sa démission au roi, après l’avoir présentée peu avant midi au Premier ministre Charles Michel. Les démocrates-chrétiens flamands devront maintenant lui trouver un remplaçant. Kris Peeters était tête de la liste européenne aux élections du 26 mai et a été élu au Parlement européen.

Le Parlement européen se réunira le 2 juillet pour tenir sa séance d'installation, au cours de laquelle les députés prêteront serment. Kris Peeters devait donc faire un choix entre sa fonction de ministre au gouvernement fédéral et son mandat parlementaire européen.

Avec Peeters, c’est une personnalité forte du CD&V qui s’éclipse de la scène politique belge. Sa carrière politique avait débuté assez tard, lorsque Yves Leterme était allé le chercher en 2004 au sein de l’Unizo, l’Union des entrepreneurs indépendants. Il devenait alors ministre flamand de l’Energie, de l’Environnement et des Travaux publics. Peeters était alors le troisième ministre CD&V au gouvernement flamand, et succédait à Yves Leterme comme ministre-président flamand, en 2007.

"Avec Kris c’était parfait"
Dirk Van Mechelen (Open VLD) en 2009

Celui que l’on compare parfois à l’acteur américain George Clooney dirigea deux gouvernements flamands. Le premier fonctionna bien. "Avec Kris Peeters c’était parfait", déclarait le vice-ministre-président libéral Dirk Van Mechelen pendant la campagne de 2009. Cela ne rapporta pas beaucoup à l’Open VLD : à l’issue des élections Kris Peeters formait une coalition entre son propre CD&V, les socialistes du SP.A et les nationalistes de la N-VA.

Le deuxième gouvernement Peeters tourna moins souplement. "Ce sont des caricatures dépourvues de sentiments, taillées dans le téflon et le béton", décrivait l’ancienne ministre Ingrid Lieten (SP.A) ses collègues du CD&V et de la N-VA au gouvernement flamand. Le chef de cette coalition ne parvenait apparemment plus aussi bien à faire tourner son équipe comme une machine bien huilée.

"De Wever mine régulièrement ma crédibilité"
Kris Peeters (CD&V) en 2018

Les élections de 2014 entrainèrent un glissement de terrain politique. Kris Peeters devait passer le relais comme numéro un flamand à Geert Bourgeois (N-VA), dont le parti était devenu le plus grand en Flandre. L’ancien ministre-président menait bien les négociations pour le CD&V au niveau régional, mais était ensuite envoyé par son parti au gouvernement fédéral. D’abord comme co-formateur avec Charles Michel, ensuite comme vice-Premier ministre.

Peeters avait pourtant été pressenti comme Premier ministre au fédéral, mais il acceptait de se "sacrifier". En proposant Marianne Thyssen comme commissaire européenne, le CD&V devait renoncer au poste de Premier ministre. Peeters se voyait alors attribuer plusieurs lourds portefeuilles ministériels et devenait le visage social du gouvernement Michel de centre-droite.

Mais Kris Peeters s’opposait régulièrement à son partenaire de coalition, la N-VA. La situation s’envenimait encore quand il décidait, l’an dernier, de faire concurrence à Bart De Wever pour l’écharpe maïorale à Anvers. Le bourgmestre le qualifiait ouvertement de "passant" ou "touriste" dans la métropole, faisant allusion au déménagement assez récent de Peeters de Puurs vers Anvers. "Bart De Wever mine systématiquement ma crédibilité. Je trouve que c’est une tactique dangereuse", se plaint Peeters.

L’aventure anversoise se terminait mal aux élections communales d’octobre 2018 pour le ministre CD&V. Son parti le plaçait alors tête de liste pour les élections européennes du 26 mai. Il remportait 256.822 voix de préférence et devient le numéro un de son parti au Parlement européen.

Afin de conserver la parité linguistique dans le gouvernement Michel, le CD&V devra encore désigner un successeur à Kris Peeters.

Kris Peeters et Wouter Beke, président du CD&V BELGAIMAGE