"Filmer un accident n’est pas punissable mais c’est un manque de respect envers les victimes"

La police de Termonde (Flandre orientale) s'est rendue au domicile des personnes qui ont partagé des photos et des vidéos sur les réseaux sociaux d'un grave accident qui s’était produit mardi à Schoonaarde. Le conducteur de 19 ans a perdu la vie dans l'accident. "Le fait de prendre ces vidéos n’est pas punissable en soi, mais les vidéos ne peuvent pas être publiées avant que les proches soient avertis de l’accident", déclare la police. 

Des photos et des vidéos d'un accident mortel qui s’est produit mardi à Schoonaarde ont été publiées sur les réseaux sociaux. Des policiers ont rendu visite aux auteurs de ces vidéos pour mettre les choses au point. Au cours de la conversation, ils leur ont précisé qu'une telle chose ne se faisait pas.

En soi, le fait de prendre des photos et de filmer un accident ne constitue pas un délit, à moins que la personne en question ne filme pendant qu'elle est au volant. "Mais il s'agit d'un manque de respect", dit Patrick Feys, chef de la police de Termonde.

Par contre, quiconque prend des photos d'un accident avant l'arrivée des services d'urgence peut être poursuivi pour non assistance à personne en danger. 

Respecter un code éthique

Pour Patrick Feys, "Tout comme les journalistes, les personnes qui filment doivent respecter une sorte de code éthique. Notre personnel de soutien psychologique aux victimes est formé pour informer les proches d'une manière digne et calme. Mais si les proches ont déjà vu les photos ou vidéos sur les réseaux sociaux cela peut les traumatiser".

"Il est également possible qu'à ce moment-là, il n'y ait personne pour les soutenir. Il est donc très important que ces images ne leur parviennent pas tant qu'elles n’aient pas été informées par nos services."

Patrick Feys : "Nous avons eu des réactions de personnes dans la même situation : des personnes impliquées dans un accident grave et qui après une longue revalidation ont entendu : "Et bien tu as eu bien de la chance, car j'ai vu les images de l'accident, et c'était assez spectaculaire !" C'est très pénible d'entendre cela et cela rend le processus de prise en charge des victimes beaucoup plus difficile."

La police ne peut pas faire plus que sensibiliser les auteurs. C'est pourquoi les policiers leur ont rendu visite.

Parce qu'il n'est pas possible de dresser des procès-verbaux pour de tels cas, la police de Termonde espère convaincre les auteurs qu'il vaut mieux attendre un peu avant de mettre des images en ligne. La police ne peut qu'espérer que le message passera. Les images de l’accident de mardi ont en tous cas déjà été supprimées.