La formation du gouvernement flamand est-elle dans l’impasse?

Où en est la formation du prochain gouvernement flamand ? Le 15 juin dernier, Bart De Wever (N-VA) recevait pour la dernière fois les représentants du Vlaams Belang. Les deux partis ont élaboré un certain nombre de propositions concrètes autour de la santé, de l’intégration, de l’enseignement, et du communautaire. L’Open VLD et le CD&V refusent toutefois de collaborer sur base de ce programme.

Invité mercredi matin dans le studio de Radio 1, le chef de groupe N-VA à la Chambre, Peter De Roover a indiqué que le Vlaams Belang s’était montré "très souple". Un programme est désormais sur la table des négociations. Il présente plusieurs points sur lesquels les nationalistes flamands et le parti d’extrême droite sont clairement d’accord. Le texte doit à présent être présenté aux anciens partenaires de coalition de la N-VA, à savoir le CD&V et l’Open VLD.

"La N-VA demande à ces partis de ne pas se retrancher derrière le cordon sanitaire, mais bien de juger le contenu de ces propositions", explique le journaliste politique de la VRT, Ivan De Vadder. La N-VA voudrait ainsi que les libéraux et les chrétiens-démocrates flamands expriment leurs positions sur ce qui est négociable ou non.

Une réponse en latin

La présidente de l’Open VLD, Gwendolyn Rutten, avait récemment demandé à Bart De Wever de clarifier ses intentions concernant les discussions avec le Belang. Elle avait également répété que son parti ne collaborerait pas à des exercices auxquels la formation d’extrême droite a pris part. Le CD&V aussi avait signalé son refus de travailler avec le parti de Tom Van Grieken.

Alors que la N-VA demandait mercredi à ces deux partis de ne pas se cacher derrière le cordon sanitaire, Gwendolyn Rutten a réagi sur Twitter en lançant une citation latine de Cicéron : "Combien de temps encore, Bart De Wever, allez-vous mettre notre patience à l’épreuve ?", indique le message.

Le journaliste Ivan De Vadder constate que ces appels à jouer carte sur table constituent le premier obstacle à abattre. "La N-VA a clairement un raisonnement différent des autres. Elle ne veut pas participer au cordon sanitaire et estime que les électeurs du Belang doivent être pris en compte. Si ce n’est pas le cas, il faut alors selon elle leur expliquer pourquoi ", souligne Ivan De Vadder.

Et maintenant ?

Au niveau flamand, la N-VA et le Vlaams Belang ont besoin de cinq sièges supplémentaires pour former une majorité. Les deux partis n’ont dès lors d’autre choix que d’embarquer un troisième partenaire. Peter De Roover l’a encore récemment répété : la N-VA ne formera pas un gouvernement minoritaire.

Le parti de Bart De Wever finira-t-il par lâcher le Vlaams Belang ? D’après Ivan De Vadder, le processus est en cours. Une note de la N-VA serait d’ailleurs en préparation. Selon les informations du journaliste, les nationalistes flamands la soumettront à l’ensemble des autres partis d’ici la fin de la semaine. Open VLD et CD&V auront alors plusieurs jours pour s’y pencher.

En attendant, les discussions seront sans doute à nouveau freinées par le voyage de Bart De Wever en Colombie le 6 juillet prochain. On notera d’ailleurs que celui qui doit devenir le futur ministre-président flamand ne sera pas présent lors de la Fête de la Communauté flamande ce 11 juillet.