Wouter Beke remplace Kris Peeters au gouvernement fédéral

L'actuel président du CD&V Wouter Beke succédera à Kris Peeters au poste de ministre fédéral de l'Emploi, de l'Economie et des Consommateurs dans le gouvernement Michel en affaires courantes. Le ministre de la Justice Koen Geens devient le vice-Premier ministre démocrate-chrétien flamand. C’est ce qu’a décidé jeudi soir l'Assemblée Générale du CD&V. Beke (photo) quittera la présidence du parti d'ici la fin de l'année et l'élection de son successeur. Lui-même ne sera plus candidat au poste.

Le ministre de l'Emploi du gouvernement Michel, Kris Peeters, quitte le gouvernement fédéral pour pouvoir occuper son siège d'eurodéputé, à partir de la semaine prochaine. Wouter Beke le remplacera dans ses fonctions ministérielles jusqu'à la mise en place d'un nouveau gouvernement, tout comme Koen Geens, en tant que vice-Premier ministre.

Parité linguistique oblige, il avait été envisagé qu'en cas de désignation de Didier Reynders (MR) au Conseil de l'Europe, aucun des deux hommes ne serait remplacé, mais la non-désignation du vice-Premier ministre libéral francophone au Conseil de l'Europe a définitivement écarté cette option.

En tant que président de parti, Wouter Beke prendra part aux négociations entourant la recherche de coalitions en Flandre et au niveau fédéral. "C'est une solution temporaire pour garantir la continuité. Nous espérons que de nouveaux gouvernements seront formés rapidement que ce soit avec ou sans le CD&V", a affirmé Wouter Beke, à l'issue de la réunion de son parti.

Kris Peeters (à g.)  passe le relais à Wouter Beke (à dr.) BELGAIMAGE

Wouter Beke devient à son tour joueur-entraîneur

On le disait désireux de prendre un poste ministériel dans le prochain gouvernement. Le président du CD&V Wouter Beke a finalement précipité son choix en annonçant jeudi qu'il remplacera, dans le gouvernement minoritaire Michel, Kris Peeters parti occuper son siège au parlement européen. A l'instar du Premier ministre Charles Michel, Wouter Beke cumulera ses fonctions de président et de ministre jusqu'à la formation du gouvernement.

A l’âge de 44 ans, Wouter Beke est actif à la tête des chrétiens-démocrates flamands depuis un certain nombre d'années. Impliqué dans la politique locale depuis 2001 (il est bourgmestre de Bourg-Leopold dans le Limbourg depuis 2013), il est actif à l'échelon national depuis 2003. Le CD&V goûte alors depuis quatre ans aux réalités de l'opposition après avoir participé au pouvoir pendant 40 ans.

Prenant en grippe les réformes éthiques des coalitions arc-en-ciel et violette, il s'impose comme l'idéologue du parti chrétien flamand dont il devient vice-président en 2003. Il est alors sénateur. En 2008, il devient président ad interim du parti, en remplacement d'Etienne Schouppe, un mandat qu'il effectuera une deuxième fois en 2010, succédant alors à Marianne Thyssen. Cette même année, il se présente à l'élection présidentielle. Il l'emporte avec un score de 99%. Il renouvellera l'opération en 2013 et en 2016.

Cette année, Wouter Beke ne briguera plus de nouveau mandat, a-t-il annoncé. Après avoir réussi à maintenir sa formation au pouvoir, Wouter Beke a vu le CD&V subir un net recul aux élections du 26 mai dernier. Jusque-là, il était vu comme un stratège. Il négociait pour le CD&V la sixième réforme de l'Etat et son parti progresse, à l'instar des autres formations flamandes qui ont participé au gouvernement Di Rupo. Mais face au succès de la N-VA, la tripartite ne sera finalement pas reconduite en 2014. Dans un premier temps, Wouter Beke demandait à Bart De Wever, informateur, de temporiser, afin que les gouvernements régionaux ne soient pas constitués avant le fédéral.

Mais du côté francophone, le PS pressent que les événements se précipitaient à droite pour le contourner. Les socialistes poussaient sur l'accélérateur à Bruxelles et en Wallonie; Wouter Beke renonçait à temporiser en Flandre et la Suédoise était formée au fédéral.

Cinq ans plus tard, c'est la douche froide pour Wouter Beke, alors que les sondages prédisaient un maintien de son parti au-dessus des 20%. Il n'en est rien. Depuis un certain temps, il se disait que Wouter Beke envisageait de se mouiller dans le prochain gouvernement. Les circonstances auront précipité, jeudi, cette évolution de carrière.