Charles Michel élu président du Conseil européen

Le Premier ministre belge Charles Michel (MR) a été élu mardi soir par ses homologues européens pour présider leur cénacle du Conseil. Charles Michel succèdera en décembre à Donald Tusk, qui avait lui pris la relève d'un autre Belge, Herman Van Rompuy. Et c'est la ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen qui a été proposée, à la présidence de la Commission européenne.

Le futur président du Conseil européen a insisté mardi soir sur l'importance de bâtir "des compromis utiles et positifs" à l'Europe afin de faire face aux grands défis qui s'annoncent, citant entre autres "le Brexit, le changement climatique ou encore les évolutions économiques".

"Je pense que nous devons faire notre maximum pour être au service du citoyen, même si cela passe par des compromis. Au final, les compromis sont des pas dans le bon sens", a affirmé Charles Michel, lors d'une première conférence de presse, peu après son élection.

"C'est pour moi un grand honneur, un privilège et une responsabilité d'avoir été choisi pour présider le Conseil européen", a-t-il précisé, affirmant "mesurer parfaitement le poids de cette responsabilité et le sens qu'il faudra lui donner pour fédérer et rassembler afin de garantir la diversité, l'unité et la solidarité dans le cadre du projet européen".

Interrogé sur la situation en Belgique, Charles Michel a rappelé qu'il ne succèderait à M. Tusk qu'au mois de décembre, formant le vœu qu'un gouvernement fédéral "puisse être formé dans un délai raisonnable". Le mandat de président du Conseil européen est d'une durée de deux ans et demi, renouvelable une fois. Lorsqu'il prendra la place de Donald Tusk, Charles Michel sera immédiatement plongé au cœur des grands débats du moment, comme le Brexit, qui pourrait avoir livré son verdict fin octobre. Autre sujet sensible, la répartition des centaines de milliards d'euros de la programmation budgétaire 2021-2027, que les chefs d'État et de gouvernement espèrent boucler avant la fin de l'année.

(c) dpa-Zentralbild

"Finalement l'Europe se décline au féminin"

Le président du Conseil européen Donald Tusk s'est félicité mardi soir de voir deux femmes et deux hommes proposés ou élus à quatre des plus hautes fonctions de l'Union européenne.

"Finalement l'Europe se décline au féminin", a commenté Donald Tusk, dont le poste sera repris par le Premier ministre belge Charles Michel le 1er décembre prochain.

Outre l'élection du libéral belge, les chefs d'État et de gouvernement ont proposé au Parlement d'élire la ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen (photo ci-dessus), à la présidence de la Commission européenne, d'approuver la française Christine Lagarde (photo ci-dessous) à la tête de la Banque centrale européenne, ainsi que l'Espagnol Josep Borrell (photo du bas) au poste de chef de la diplomatie européenne.

Recalés, les candidats têtes de liste des trois principales formations politiques pour la présidence de la Commission, Manfred Weber (PPE), Frans Timmermans (S&D) et Margrethe Vestager (Renew Europe), pourraient être recasés dans des hautes fonctions, mais le système des Spitzenkandidaten n'en a pas moins subi un rude revers avec le choix d’ Ursula von der Leyen.

L'attitude du Parlement sera déterminante, alors que la grogne est déjà forte dans les rangs socialistes et écologistes.

Pour amadouer les eurodéputés, le Conseil s'est assuré des intentions de Mme von der Leyen de choisir M. Timmermans et Mme Vestager comme vice-présidents de la Commission, a laissé entendre Donald Tusk. Pour M. Weber, les bruits ont circulé qu'il hériterait d'un mandat (2,5 ans) de président du Parlement, mais Donald Tusk s'est refusé de se prononcer à cet égard, arguant de l'indépendance du Parlement.

Le Polonais a rappelé les réticences du Conseil à rendre contraignant le processus des Spitzenkandidaten, que les chefs d'État et de gouvernement se borneraient à entériner. "Nous avons voulu respecter les candidats issus de ce processus, nous leur avons donné leurs chances", a affirmé Donald Tusk, après trois sommets qui ont exploré la capacité de dégager des majorités autour de M. Weber puis de M. Timmermans.

Quant à l'équilibre géographique est-ouest, qui penche actuellement exclusivement au profit de l'Europe occidentale, "j'espère qu'au Parlement, il pourra y avoir un président d'Europe centrale et orientale, mais c'est à eux de décider", a commenté Donald Tusk.

Il a suggéré aussi d'en tenir compte - ainsi que de l'Italie, qui avait bloqué la candidature de M. Timmermans avec les pays de Visegrad et des dirigeants PPE - lorsque la candidate von der Leyen sera amenée à choisir ses vice-présidents de Commission.

AFP or licensors
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