L'élection de Charles Michel saluée par plusieurs personnalités politiques

L'élection du Premier ministre belge Charles Michel à la présidence du Conseil européen a été saluée par plusieurs personnalités politiques belges sur les réseaux sociaux mardi soir. Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) l'a notamment félicité "pour cette opportunité de défendre le projet européen".

L'élection de Charles Michel a surtout suscité de l'enthousiasme auprès des responsables libéraux. Sophie Wilmès, ministre fédérale du Budget et de la Fonction publique, évoque "une fierté pour la Belgique" tandis que le ministre-président wallon Willy Borsus considère cette nomination comme "un challenge d'une extraordinaire importance au coeur du projet européen".
La présidente de l'Open VLD Gwendolyn Rutte se réjouit également du choix d'un "jeune dirigeant libéral".

Le leader du CD&V Wouter Beke, qui a prêté serment mardi en tant que nouveau ministre fédéral de l'Emploi, de l'Economie et des Consommateurs, félicite également son "ami en politique".

Le député N-VA Theo Francken, ancien secrétaire d'Etat au sein du gouvernement Michel, souligne lui les compétences de Charles Michel pour cette fonction européenne.

La coprésidente d'Ecolo Zakia Khattabi se montre par contre plus critique. "La N-VA perd donc son meilleur allié", écrit-elle sur Twitter.

Charles Michel succédera en décembre à Donald Tusk, qui avait pris la relève d'un autre Belge, Herman Van Rompuy.

Quid du gouvernement fédéral et du MR ?

La nomination mardi de Charles Michel pose en corollaire la question de sa succession à la tête du gouvernement fédéral dont il dirige les travaux depuis cinq ans.

Après la décision de la N-VA de quitter le gouvernement fédéral en décembre 2018, ce dernier a perdu sa majorité. Depuis, il expédie les affaires courantes et les élections du 26 mai dernier empêchent sa reconduction. Le résultat éclaté du scrutin complique en outre la formation d'un nouveau gouvernement fédéral.

Charles Michel n'est pas censé quitter le gouvernement dans l'immédiat mais le risque existe que lorsqu'il prendra ses nouvelles fonctions européennes en décembre, le gouvernement fédéral ne sera toujours pas formé. Le nom d'un homme revient alors régulièrement pour lui succéder à la tête du gouvernement minoritaire d'affaires courantes: Didier Reynders. Cette succession serait logique: il est vice-premier ministre, chef de file au sein de l'exécutif du même parti que M. Michel. Il accéderait enfin à une fonction tant convoitée, certes dans un contexte peu favorable. Il resterait à savoir dans ce cas de figure ce qu'il adviendrait des compétences (Affaires étrangères et Défense) gérées par M. Reynders.

Dans l'hypothèse où il deviendrait Premier ministre (à valider constitutionnellement), M. Reynders ne devrait pas être remplacé numériquement par un nouveau ministre. Il pourrait exercer sa fonction de Premier ministre dans le rôle linguistique francophone comme le faisait M. Michel jusqu'à ce que la N-VA quitte le gouvernement. M. Reynders devrait être remplacé comme vice-premier ministre. Il s'agira de choisir, certainement, entre Sophie Wilmès et Denis Ducarme.

Le départ de Charles Michel précipitera par ailleurs la préparation d'une élection présidentielle au Mouvement réformateur. Charles Michel a succédé à Didier Reynders à cette fonction en 2011 à la suite d'une guerre des clans entre micheliens et reyndersiens. Lorsque Charles Michel est devenu Premier ministre en 2014, Olivier Chastel, seul candidat, a été élu président du MR. Charles Michel a récupéré la fonction à l'approche des élections du 26 mai, cela jusqu'à l'issue des négociations gouvernementales.

Le risque est de voir la guerre des clans ravivée à la faveur de la recomposition chez les réformateurs.

Dans les deux camps, plusieurs personnalités sont susceptibles de briguer le mandat: outre Didier Reynders lui-même, Jean-Luc Crucke, un proche, ou Willy Borsus, dans le clan Michel, voire le reyndersien Georges-Louis Bouchez, porte-parole de la campagne du parti, sans mandat électif malgré un beau score électoral, ou la michelienne Sophie Wilmès.

Par ailleurs, l'échevine liégeoise Christine Defraigne, ex-présidente du Sénat, a demandé récemment un aggiornamento permettant au parti de redémarrer sur de nouvelles bases. Libérale, elle est de ceux qui pensent que le parti a trop laissé de place à son aile conservatrice, l'alliance fédérale avec la N-VA ayant laissé des traces.

A ce stade, il n'y a pas d'élection interne à l'ordre du jour.