Des dizaines de milliards nécessaires à la Flandre pour atteindre ses objectifs climatiques

Si la Flandre veut émettre 35% de CO2 en moins d'ici 2030 par rapport à 2005, elle doit investir entre 3 et 12 milliards d'euros par an. C'est la conclusion du Conseil économique et social de Flandre (SERV), au sein duquel employeurs et syndicats sont réunis.

La Flandre s'est engagée à émettre d'ici l'an prochain 15,7% de CO2 en moins qu'en 2005. Mais selon les dernières données disponibles, en 2016, nous n'étions qu'à 0,4% de moins, selon le SERV. Toujours selon le SERV, le gouvernement flamand estime lui-même que nous n'obtiendrons qu'entre 6 et 10% de moins.

Ce n'est pas suffisant pour atteindre l'objectif. Car d'ici 2030, les ambitions seront encore plus élevées, la Flandre devra alors réduire ses émissions de 35%.

Si la Flandre prend cet objectif au sérieux, selon les calculs du SERV, pas moins de 3 à 12 milliards d'euros seront nécessaires, chaque année. Cela représente environ un quart du budget total annuel de la Flandre, soit un effort énorme.
La plus grande partie de l'argent devra être consacrée à la rénovation des maisons et des bâtiments. Pour les chauffer, nous utilisons principalement du gaz et du mazout, à savoir des combustibles fossiles qui émettent du CO2. Moins nous consommerons de gaz ou de mazout pour chauffer nos maisons et nos immeubles, mieux ce sera pour le climat.

L'isolation des maisons et des toits, l'installation de pompes à chaleur, de chaudières solaires ou de panneaux solaires sur les toits peuvent limiter cette consommation. Mais selon le SERV, le gouvernement flamand est à la traîne en la amtière : il n'atteindra pas la réduction de CO2 requise d'ici 2020. Et les objectifs en matière d'énergies renouvelables sont encore loin d'être atteints. Dans trois ans, le gouvernement flamand devrait doubler le nombre de panneaux solaires ainsi que le parc éolien.

Cela coûtera beaucoup d'argent pour rattraper le retard en matière d'énergie verte et d'économies d'énergie et atteindre les objectifs de 2030. Le SERV a calculé qu'une famille moyenne aurait besoin d'environ 40 000 à 60 000 euros pour rendre sa maison économe en énergie. Un quart des familles n'ont pas cet argent. Si le gouvernement décidait de soutenir ces familles, cela coûterait un milliard et demi à six milliards d'euros par an jusqu'en 2030.

Et puis, bien sûr, il faut aussi des techniciens et des spécialistes de la construction pour effectuer ces rénovations : environ 250 000, selon les estimations du SERV, dès l'année prochaine, pour rattraper notre retard. Mais le secteur de la construction est déjà aux prises avec une pénurie de main-d'œuvre qualifiée. Le SERV souligne que l'enseignement flamand doit former plus de personnes qualifiées sur le plan technique.

Qui va financer tout cela ? C’est un choix politique

Au niveau politique, il y a différentes mesures qui peuvent être prises, de la redevance kilométrique à une taxe fédérale sur le CO2 en passant par la suppression des voitures de sociétés. Selon le SERV, ces mesures pourraient générer de 3 à 9 milliards d'euros. Toutefois, il n'est pas certain que le produit de ces mesures se retrouvera en Flandre ou qu'il sera utilisé pour des dépenses en faveur du climat.

Les syndicats et les employeurs craignent que les décideurs politiques flamands ne soient pas suffisamment conscients de l'ampleur des efforts que tous les ministres devront consentir pour atteindre l'objectif climatique. Il ne s'agit pas seulement d'énergie, mais de presque tous les domaines politiques.

Le SERV plaide, par exemple, en faveur d'un plus grand nombre de digues et de zones inondables pour protéger notre littoral contre une élévation du niveau de la mer. Nous avons besoin de transports en commun plus nombreux et de meilleure qualité et de pistes cyclables plus nombreuses et de meilleure qualité pour que nous roulions moins en voiture. Ainsi, les émissions de C02 provenant du trafic pourront être réduites. Des investissements climatiques sont nécessaires dans l'agriculture, dans les bâtiments scolaires et dans l'industrie. Des bois et des forêts doivent être plantés.

"C'est une question à laquelle tous les domaines de décisions sont impliqués et sur laquelle tous les ministres devront travailler", conclut Caroline Copers, présidente du SERV. "Nous devons également veiller à ce que la pauvreté n'augmente pas du fait des mesures climatiques nécessaires. Le plus important, c'est de rénover les maisons. Un quart des familles ne peuvent pas le financer elles-mêmes. Mais nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas rénover ces maisons. C'est un choix politique qui doit être étudié en profondeur."