Plus de 300 femmes échangeaient en secret sur Facebook des noms d’hommes "à éviter"

Un groupe Facebook néerlandophone rassemblant plus de 300 femmes et intitulé "Foute mannen" ("mauvais mecs") a conduit un des hommes visés à porter plainte pour harcèlement et atteinte à son honneur. Le groupe fermé avait été créé en 2016 dans une démarche de "protection" collective contre des individus considérés comme nocifs.

L'information est relayée par les journaux flamands Het Belang Van Limburg et Het Nieuwsblad dans leur édition de vendredi. Au sein du groupe fermé, les femmes échangeaient les noms mais aussi les photos des hommes identifiés comme étant "à éviter".

Entrave à la vie privée

Selon l'Autorité de protection des données, les agissements du groupe en question vont à l'encontre de la législation européenne veillant au respect de la vie privée.

"Le règlement général sur la protection des données doit s'appliquer dans ce cas. Pour le respecter, il faut remplir plusieurs conditions. Si l'on traite les données d'une personne, il faut l'en informer, ce qui n'est pas le cas ici. La personne concernée doit également avoir un droit de rectification ou de retrait de ses données, ce qui n'est pas non plus le cas", indique l’instance.

Le fait que le groupe est "privé" n'y change rien. "Il y a bien une exception pour le traitement de données dans un cadre personnel ou domestique, mais c'est très restreint. Le fait de partager des données avec 300 femmes n'est pas vraiment 'personnel'", ajoute-t-elle .

Plainte

Un des hommes visés par le groupe a porté plainte auprès de la police, après avoir contacté sans résultat les initiatrices du groupe pour leur demander de retirer ses données de la discussion. Il aurait aussi tenté de signaler le groupe auprès de Facebook, sans résultat non plus.