Le nombre de médicaments indisponibles ne cesse d’augmenter en Belgique

459 médicaments ne sont pas disponibles dans notre pays actuellement. C’est l’Ordre des pharmaciens qui l’annonce et l’information est relayée par le journal Het Nieuwsblad. Il s’agit notamment d’anticoagulants et de certains types d’antibiotiques. L’indisponibilité de médicaments n'a cessé d'augmenter ces derniers mois et n'a jamais été aussi importante. Il y a souvent des alternatives, mais pour certaines personnes, il n'y a pas de solution. Le nombre de médicaments manquant n’a jamais été aussi important. Il existe souvent des alternatives mais pour certaines personnes il n’y a pas d’autres solutions.

A la fin de l’année dernière l’Association pharmaceutique belge mettait déjà en garde concernant l’indisponibilité de certains types de médicaments dans notre pays. À l'époque, il y avait environ 410 médicaments qui n'étaient plus disponibles, mais depuis il y en a déjà 50 autres. C’est un record. Il s'agit notamment d’anticoagulants, de certains types d'antibiotiques et de diurétiques utilisés pour traiter, entre autres, l'insuffisance cardiaque complexe.

L’indisponibilité temporaire peut avoir plusieurs raisons. Parfois il s’agit d’une pénurie de matières premières, parfois le processus de production prend beaucoup de temps parce qu'il est très compliqué, ou un médicament est rejeté après la production parce qu'il ne répond pas aux exigences de qualité. Mais parfois, d’après l’L'Association Pharmaceutique Belge, cela peut être aussi une raison commerciale. "Parfois, la cause peut être trouvée dans la manière dont les producteurs et les distributeurs gèrent la distribution de médicaments sur les différents marchés internationaux ", explique Lieven Zwaenepoel de l'Association Pharmaceutique Belge.

"Cela ne correspond pas toujours aux besoins de la population. Il y a aussi des motifs économiques derrière tout cela."

Les problèmes qui peuvent être causés par cette pénurie ne doivent pas être sous-estimés, ajoute l’Association. "Cela mène à des problèmes quotidiens ", estime Lieven Zwaenepoel. "Nous devons renvoyer des clients chez eux tous les jours et chercher toutes sortes de solutions. Nous y parvenons souvent, mais parfois pas. Et puis cela constitue un problème pour la santé de ces personnes."

Ces problèmes ne sont pas nouveaux, ils existent depuis des mois. Il y a environ deux mois, une nouvelle loi est entrée en vigueur dans notre pays pour lutter contre le manque de médicaments. La loi oblige les grossistes à vendre des médicaments en Belgique en cas de pénurie et à ne pas les exporter à l'étranger. Mais il faut encore un arrêté d'application pour que la loi soit appliquée, mais cette loi subit déjà les critiques de toute façon ", explique Lieven Zwaenepoel. "Il reste donc à voir si elle sera maintenue. De plus, la loi n'offre qu'une solution pour une partie de la pénurie causée par les exportations". En outre, il est plus probable que des mesures seront nécessaires au-delà du niveau belge.

"Le gouvernement belge a fait beaucoup pour maîtriser le problème, mais nous devons conclure que ce n'est pas encore suffisamment. Nous devons examiner le problème à plus grande échelle. Le problème existe aussi dans les pays qui nous entourent. Il faut donc faire quelque chose au niveau européen. La Commission européenne ne devrait pas donner la priorité à la libre circulation des marchandises mais plutôt à la santé publique.

L'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé nuance

L'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé nuance l'augmentation de l’indisponibilité. "Le nombre de médicaments indisponibles a fluctué autour de 4,5 à 5% du nombre total de médicaments commercialisés en Belgique depuis un certain temps déjà", explique Ann Eeckhout, porte-parole de la Commission. "Il existe également des alternatives pour la plupart des médicaments ", ajoute-t-elle.

"Au cours des deux dernières années, nous n'avons pas trouvé d'alternative directe pour seulement 5 médicaments. Ensuite, nous réunissons un groupe de travail d'experts. Ils examinent ensuite comment faire face à l'offre limitée ", explique Ann Eeckhout.