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Google vous écoute, la rédaction de la VRT a pu le prouver

D’après une enquête menée par la rédaction de la VRT, les collaborateurs de Google écoutent les enregistrements réalisés avec l'enceinte intelligente Google Home et via l'assistant Google sur les smartphones, même en Belgique et aux Pays-Bas. De plus, il s'avère parfois très simple d'identifier l'utilisateur censé être anonyme. Le ministre sortant de la Protection de la vie privé, Philippe De Backer (Open VLD), a demandé à l'Autorité de protection des données fédérale (APD) d'examiner ces pratiques.

Depuis le lancement de Google Home en 2016, des millions de personnes dans le monde ont installé chez elles ou au bureau l'enceinte intelligente du géant des moteurs de recherche et lui posent toutes sortes de questions, ainsi qu'à l'assistant Google.

"Ok Google !"

Ce que les utilisateurs ne savent souvent pas, c'est que tout ce qu'ils confient à Google est enregistré par défaut. Cela figure d'ailleurs dans les conditions d'utilisation de Google Home. Ce qui n'est par contre pas écrit en petits caractères, c'est que les collaborateurs de Google peuvent par après écouter des extraits de ces enregistrements.

La rédaction de la VRT a pu écouter plus d'un millier de fragments d'enregistrements, dont certains contenaient des informations sensibles. Ce qui pose question en terme de vie privée.

Ces messages sont généralement enregistrés délibérément. Mais sur les extraits écoutés par la VRT, 153 ont été enregistrés de manière inconsciente. Il suffit en effet parfois qu'une personne prononce un mot ressemblant à "Google" pour que Google Home active l'assistant "Ok Google".

Google a reconnu mener une collaboration avec des experts en langues dans le monde pour améliorer sa technologie vocale. "Cela s'effectue par la retranscription de courts fragments audio", assure le porte-parole de Google Belgique à la VRT.

Appel à l’APD

Face à ces révélations pour le moins inquiétantes, le ministre sortant de la Protection de la vie privé, Philippe De Backer (Open VLD), a demandé à l'Autorité de protection des données fédérale (APD) d'examiner les pratiques en vigueur chez Google.

Le règlement général sur la protection des données (RGPD) entré en vigueur le 25 mai 2018 dans l'ensemble de l'Union européenne prévoit de nombreuses obligations à charge du responsable de traitement de données personnelles, dont le consentement explicite du consommateur, défini comme "toute manifestation de volonté, libre, spécifique, éclairée et univoque par laquelle la personne concernée accepte, par une déclaration ou par un acte positif clair, que des données à caractère personnel la concernant fassent l'objet d'un traitement". Cette autorisation ne peut donc se limiter à une clause "en petits caractères", a souligné M. De Backer dans un communiqué.

"Ce qui apparaît au grand jour révèle une lacune et un manque de transparence", a ajouté le ministre.