Nicolas Maeterlinck

L'avocat de Kris Van Dijck affirme que son client n'a rien fait d'illégal et qu'il pourra le prouver

Kris Van Dijck (N-VA), président du parlement flamand du 18 juin au 11 juillet qui a dû s'effacer en raison de révélations par P-Magazine concernant une fraude présumée, détient des éléments qui prouvent son innocence, a déclaré vendredi son avocat Walter Damen dans un communiqué. Le parlementaire est disposé à collaborer à une éventuelle enquête.

Kris Van Dijck a démissionné jeudi, après avoir été mis en cause par le magazine à sensation 'P-Magazine' pour avoir sollicité l'ex-ministre fédéral de l'Emploi, Kris Peeters (CD&V), dans un dossier de faillite douteuse impliquant une prostituée. M. Van Dijck était déjà fragilisé pour avoir provoqué le 3 juillet un accident de voiture en sortant d'un café où il avait trop bu.

Son avocat, Me Damen a souligné que le parlementaire N-VA était conscient d'avoir commis une faute en conduisant sous influence de l'alcool. "Mais l'histoire d'une prétendue fraude sociale et d'une intervention illicite dans le dossier de l'escorte est démentie formellement", a-t-il insisté.

"La défense dispose des pièces nécessaires pour montrer qu'aucune irrégularité n'a été commise. Ces documents seront transmis aux instances compétentes. M. Van Dijck coopérera pleinement à une éventuelle enquête et répondra à toutes les questions des autorités compétentes", a poursuivi l'avocat.

Me Damen demande enfin de respecter la vie privée de Kris Van Dijck, surtout dans le cadre d'une possible enquête. "Aucun autre commentaire ne sera fait afin de restaurer la sérénité" des débats.

Faute de déontologie parlementaire ?

"Mais il y a bien sûr le fait que Kris Van Dijck a envoyé un courriel au ministre du Travail de l'époque, Kris Peeters (CD&V), pour demander que le dossier de son amie avance un peu plus vite, explique Goedele Devroy, journaliste à la VRT. "C'est une question de déontologie. Ce faisant, a-t-il violé le code d'éthique du Parlement flamand ?"

"Ce n'est pas une chose acquise d'avance", ajoute Goedele Devroy. "Le Parlement flamand a une commission déontologique qui juge cela. Mais une plainte doit d'abord être déposée dans un délai d'un mois. Cette plainte peut être déposée par n'importe quel citoyen, mais cela ne s'est pas produit pour l'instant."

Wilfried Vandaele, qui succédera à Kris Van Dijck à la présidence du Parlement flamand, a déjà précisé que la commission de déontologie pourrait également se réunir pendant les vacances d'été.
 

Peut-on parler de fraude ?

"P-Magazine" a publié jeudi sur son site internet un article sur la relation qu'entretenait Kris Van Dijck avec une prostituée et la façon dont il serait intervenu en sa faveur dans un dossier de faillite frauduleuse.

La prostituée, qui se fait appeler Escort Lynn, aurait bénéficié de la faillite de la société E-Media qui l'avait recrutée avant de rapidement mettre la clé sous le paillasson. Cette faillite devait, selon P-Magazine, lui permettre de bénéficier du chômage et d'une couverture sociale. "Escort Lynn" s'est adressée au FFE, soit le Fonds d'indemnisation des travailleurs licenciés en cas de fermeture d'entreprises, afin d'obtenir une indemnité de 26.000 euros. Elle a finalement reçu 5.239 euros.

Dans ce dossier, M. Van Dijck est intervenu auprès du ministre de l'Emploi, Kris Peeters, fraîchement nommé, pour faciliter le traitement du dossier. Le magazine publie le contenu de deux courriels entre M. Van Dijck et son amante qui évoquent cette intervention. L'ex-cabinet a confirmé, preuve à l'appui, avoir reçu un courriel du député flamand en novembre 2014 mais a assuré n'être jamais intervenu sur le fond du dossier, se bornant à lui transmettre en mars 2015 la décision prise par le FFE.

La femme a déjà fait parler d'elle dans un affaire judiciaire examinée par le tribunal correctionnel de Malines. Elle a fait l'objet d'un chantage par un couple. Elle n'était pas la seule: des clients ont également reçu des menaces, notamment un député flamand et un bourgmestre.

Interrogée par VTM, l'épouse de M. Van Dijck a indiqué jeudi soir que le couple déposerait plainte contre P magazine qui évoque abusivement, selon elle, le terme de "fraude".