Pour Ivan De Vadder : "L’affaire Kris Van Dijck laissera des traces"

Après un 11 juillet tumultueux avec la démission du président du Parlement flamand Kris Van Dijck (N-VA), le journaliste politique de la VRT Ivan De Vadder dresse le bilan : "Cette affaire aura des conséquences non seulement pour le principal intéressé mais aussi pour la N-VA, pour la classe politique dans son ensemble, et enfin pour notre démocratie".

"Un scénario improbable, digne de la série télévisée House of Cards", c’est ainsi que le journaliste politique de la VRT Ivan De Vadder analyse les événements qui se sont produits jeudi lors de la fête de la Communauté flamande. Cela s'est passé en 24 heures, lors du 11 juillet , qui aurait dû être un jour de fête pour la N-VA et surtout pour Kris Van Dijck, un militant de la première heure".

Et soudain, cela a tourné au cauchemar, Kris Van Dijck a annoncé sa démission de son poste de Président du Parlement flamand.

"C’était la seule chose à faire. Je ne vois pas comment il aurait pu continuer à fonctionner en tant que président du Parlement, si l'on tient compte de tout ce qui s’était déjà produit la semaine dernière, avec sa mise en cause pour conduite en état d'ivresse. C’était la seule réponse à donner pour tenter de mettre fin à la polémique."

Du moins pour l’instant car l'histoire aura plus que probablement une suite. Non seulement d’un point de vue déontologique, mais aussi à cause du rôle du ministre du Travail (Kris Peeters) : s’agissait-il d’une faillite correcte ou frauduleuse ?"(La prostituée a-t-elle bénéficié abusivement d’une indemnité ndlr.)

Ce scandale aura eu aussi des conséquences insoupçonnées avec de nouveaux problèmes politiques comme le fait que Filip Dewinter (Vlaams Belang) est devenu, de facto, président temporaire du Parlement flamand.

Quoi qu'il en soit, il y aura des conséquences. Pour Kris Van Dijck lui-même, Ivan De Vadder pense toutefois qu'il pourra toujours rester parlementaire. "Il pourrait écoper d'un blâme par la commission de déontologie du Parlement comme sanction, mais ce n'est pas grand-chose".

La N-VA n'en sortira pas indemne non. "La N-VA est un parti qui a toujours insisté très fort sur la crédibilité déontologique, qui s’est toujours élevé contre la fraude sociale.

Ce qui m'inquiète, c'est l'image que nous avons du fonctionnement de la politique, six semaines seulement après les élections

Mais les dommages sont en fait les plus importants pour l'ensemble de la classe politique. "Ce qui m'inquiète, c'est l'image que nous avons du fonctionnement de la politique, six semaines seulement après les élections. Et elle n’est pas très bonne."

"Nous avons eu l’ouverture des travaux parlementaires et l’élection de Patrick Dewael (Open VLD) comme président temporaire, certains ministres ont quitté leur poste pour occuper d’autres fonctions et cela a entraîné un jeu de chaise musicale au sein du gouvernement. Nous avons eu une ministre-présidente flamande qui a qualifié le drapeau belge de "chiffon", nous avons eu des parlementaires qui ont déclaré être prêts à renoncer à leur salaire, comme si vous et moi puissions faire une chose pareille. Et puis finalement un président du Parlement flamand mis en cause suite à un accident de roulage alors qu’il était en état d’ivresse, soupçonné de fraude au profit de son amie prostituée, démissionne".

Conclusion d’Ivan De Vadder : "La classe politique ne s’est pas montrée sous jour très favorable. Et ce, alors que des élections viennent d'avoir lieu. Une analyse des résultats du scrutin estime qu'un vote anti-politique a eu lieu. Et cette fois on rajoute encore une couche, la démocratie aurait bien pu s’en passer."