Accord en vue de la formation d’un gouvernement bruxellois avec l’Open VLD mais sans le MR

Les négociateurs bruxellois du PS, d'Ecolo, de DéFI, de Groen, de l'Open VLD, de one.brussels-sp.a sont tombés d'accord, au cours de la nuit de mardi à mercredi, sur le texte fondateur d'un nouveau gouvernement en Région bruxelloise, ont-ils annoncé peu après 3h30 du matin, à l'agence Belga, par l'intermédiaire de l'un d'eux.

L'accord est intervenu au terme de plus de deux semaines de négociations intenses et à l'issue d'une phase d'atterrissage quelque peu chahutée en raison de la volonté de l'état-major de l'Open VLD d'imposer la présence du MR en tant que septième partenaire.

Le contenu des quelque 120 pages du texte de l'accord sera dévoilé mercredi après-midi à la presse. L'accord sur les attributions doit encore être finalisé, a-t-on appris. Des congrès/conseils/assemblées de participation des six formations sont annoncées dans la soirée.

Le processus parlementaire d'installation du nouveau gouvernement sera entamé vraisemblablement jeudi. Il dure au minimum 48 heures (NDLR: entre la prestation de serment et le vote de confiance au parlement régional), ce qui permettrait à la nouvelle coalition de respecter son premier objectif: un nouveau gouvernement régional pour le 21 juillet et la Fête nationale.

Une première tentative d'ouverture de discussions avait été lancée, un mois après les élections, le 24 juin dernier, après deux bonnes semaines de consultations, mais c'était sans compter sur la volonté de l'Open VLD de tenter de faire entrer son parti frère francophone, le MR, dans la négociation, ce que les cinq autres partenaires n'étaient pas disposés à faire.

Après quelques jours, les six partis étaient entrés dans le vif du sujet le 1er juillet dernier.

Retrait temporaire des négociations de l'Open VLD

A l'approche de la fin des négociations qui aurait déjà pu être atteinte lundi, les réticences de l'Open VLD ont à nouveau été exprimées. A la reprise, mardi midi, les négociateurs libéraux flamands se sont retirés durant plusieurs heures auprès de leur présidente Gwendolyn Rutten, avant de revenir à la table des négociations vers 18 heures, mardi en début de soirée.

Après une suspension vers 20h30, les discussions ont repris pendant, ou après un dîner entre chefs de file des négociateurs, non plus au parlement régional, mais dans un lieu tenu secret qui s'est rapidement avéré être le cabinet du ministre-président/formateur Rudi Vervoort.

Exception faite de la Communauté germanophone, la Région bruxelloise est la première entité du pays à présenter un accord de gouvernement à la suite du scrutin du 26 mai dernier. C'est encore loin d'être le cas dans les autres Régions et à l'échelon fédéral.

Schepmans: exclure le MR à Bruxelles durcira les négociations en Wallonie et Fédération

Le refus d'intégrer le MR au gouvernement bruxellois "va nécessairement rendre plus compliquées" les négociations pour la Wallonie, la Fédération Wallonie-Bruxelles et le Fédéral, a affirmé mercredi la cheffe de file régionale des réformateurs bruxellois, Françoise Schepmans.

"Si ces partis (PS, Ecolo et DéFI, NDLR) croient que Bruxelles, ville-région, peut vivre de manière isolée sans tenir compte de la Wallonie, de la Flandre et du Fédéral, ça donnera un résultat négatif. Depuis des décennies, Bruxelles est la région la plus pauvre", a affirmé Mme Schepmans sur les ondes de La Première (RTBF).

Pour la Fédération Wallonie-Bruxelles, où la situation budgétaire est déficitaire mais où le MR est appelé par le PS et Ecolo à discuter d'un gouvernement, "on verra dans quelle mesure les libéraux bruxellois pourront apporter leur soutien: puisqu'ils ne sont pas fréquentables à Bruxelles, le seront-ils plus pour la Fédération ? ", demande Françoise Schepmans.

Les négociations avec le PS et Ecolo "se font, mais les conditions et la manière seront beaucoup plus rudes que normalement, parce que l'attitude du PS et d'Ecolo a été profondément choquante", a-t-elle ajouté.

Les six partis francophones et flamands en discussion ces dernières semaines pour la constitution d'un gouvernement bruxellois (socialistes, écologistes, DéFI et Open VLD) ont bouclé cette nuit un accord sur le programme, malgré les tentatives répétées de l'Open VLD fédéral de ramener le MR dans cette coalition.