Les maîtres-nageurs se sentent impuissants face aux "hooligans des piscines"

Pour Karel Logghe, président de la commission éducative de la fédération flamande des sauveteurs, "le fait pour les maîtres-nageurs de pouvoir dresser des amendes administratives pourrait avoir un effet dissuasif. Il demande plus de moyens face aux comportements sexuels inappropriés et à certains jeunes qui cherchent la bagarre". Il est également en faveur d'une liste noire qui s'appliquerait à toutes les piscines. "Parce qu’aujourd’hui lorsqu’un jeune n’est plus admis dans une piscine, il va simplement dans une autre ".

Une jeune femme de 17 ans a subi des attouchements à la piscine de Rozebroeken, à Gand, une jeune fille de 13 ans y a subi une agression sexuelle, un femme de 24 ans a témoigné qu’elle y avait été violée, des jeunes gens s’en sont pris à des jeunes filles, les ont enfermées et leur ont fait subir des attouchements, d’autres jeunes ont provoqué des bagarres.

Plusieurs incidents se sont déroulés ces dernières semaines en Flandre dans des piscines en plein air et des domaines récréatifs. Et cela ne s’est pas seulement produit à Gand, des cas de harcèlements ont aussi été signalés dans d’autres piscines à Diest, Hofstade ou Ostende.

"Les maîtres-nageurs ont vu le nombre d’incidents augmenter ces dernières années" déclare Karel Logghe, président de la commission éducative de la fédération flamande des sauveteurs.

"Lorsque vous êtes confronté à un cas d’harcèlement sexuel il est très difficile pour un sauveteur de faire face à une telle situation. Karel Logghe affirme que les sauveteurs sont impuissants. "Appeler la police et éviter que l’agresseur ne puisse quitter le domaine, nous ne pouvons pas faire beaucoup plus. Et ensuite espérer qu’il soit vraiment punis. Parce que très souvent, ils sont arrêtés, mais quelques heures plus tard, ils sont de retour devant nous avec un large sourire. Pour nous c’est frustrant."

Karel Logghe voudrait que les sauveteurs puissent bénéficier de plus de compétences. Actuellement vous devez réprimander souvent les mêmes personnes. Plusieurs collègues ont déjà reçu des coups ces dernières années. Ou, après leur journée de travail, ils ont retrouvé leur voiture avec des pneus crevés sur le parking."

Karel Logghe demande également qu’une liste noire centrale soit dressée pour les hooligans des piscines. "De cette façon, on pourrait arrêter ceux qui font du grabuge. On constate souvent qu'un type qui harcèle une fille dans une piscine, fait la même chose dans une autre piscine la semaine suivante. Si les piscines étaient autorisées à partager leur liste noire, vous éviteriez cela."Karel Logghe est favorable à la sanction d’interdiction d’entrée dans les piscines, comme cela se fait déjà dans les stades dans le football".

Pieter De Crem prêt à prendre des mesures supplémentaires

Le ministre de l'Intérieur, Pieter De Crem (CD&V), est disposé à se concerter avec les autorités locales pour éviter les incidents provoqués par des bandes dans des piscines et à prendre des mesures complémentaires si nécessaire, a-t-il indiqué mardi en réponse à des questions à la Chambre.

Ces problèmes récurrents ont fait l'objet mardi de questions en commission de l'Intérieur par les députés Dries Van Langenhove (Vlaams Belang) et Koen Metsu (N-VA).

Le ministre a rappelé que la gestion de ces incidents incombait en premier lieu aux exploitants de ces domaines et à la police locale. La loi sur la sécurité privée votée sous la législature précédente permet d'engager des gardes privés qui peuvent contrôler les usagers, interdire l'accès à certains, voire les arrêter jusqu'à l'arrivée de la police.

A Ostende ou à Beveren, où des problèmes ont eu lieu, d'autres mesures ont également été prise, comme l'enregistrement des usagers et des interdictions d'entrée. "Ce genre de nuisance est intolérable et doit être combattue", a souligné Pieter De Crem (CD&V). Si nécessaire, le ministre s'est dit prêt à prendre des mesures complémentaires. L'une des questions était posée par le jeune député d'extrême-droite Dries Van Langenhove. Sa présence en commission de l'Intérieur, présidée par un autre député d'extrême-droite, a suscité un grand intérêt médiatique.