"Le manque de confiance dans la politique décisif pour le succès des partis radicaux"

Au cours des élections législatives, régionales et européennes du 26 mai dernier, les partis traditionnels ont de façon générale perdu de nombreuses voix, engrangées par les partis radicaux. Le manque de confiance dans la politique et l'idéologie ont été décisifs pour le succès électoral de ces partis radicaux conclut maintenant une enquête menée par une équipe de chercheurs des universités belges ULB, VUB et KUL.

Les universitaires ont tout d'abord constaté que la confiance envers le monde politique a diminué d'environ un point, sur une échelle de 0 à 10, par rapport aux scrutins de 2009 et 2014. D'après cette analyse, cette situation a influencé le choix des électeurs. La plupart des votants à faible confiance politique ont exprimé un suffrage en faveur du parti d’extrême-droite Vlaams Belang, côté flamand, et du PTB, côté wallon.

En 2014, c'était la N-VA qui attirait encore le plus grand nombre d'électeurs flamands de cette catégorie. Les électeurs ayant une grande confiance politique ont quant à eux plus fréquemment voté pour le CD&V, Groen ou la N-VA, ou le CDH, Ecolo ou le MR.

Outre le faible niveau de confiance politique, les électeurs des partis radicaux ont d'autres points communs: ils sont moins souvent satisfaits de la politique du gouvernement régional et éprouvent des émotions négatives envers la politique. Les électeurs du Vlaams Belang et du PTB montrent également peu d'intérêt pour la politique, contrairement aux électeurs du PVDA.

Il n'y a toutefois pas que la confiance qui a procuré des voix aux Vlaams Belang et PTB-PVDA, soulignent les chercheurs. En Flandre, les déterminants les plus importants du choix électoral pour le Vlaams Belang sont un score élevé du côté droit du spectre gauche-droite, une faible satisfaction vis-à-vis de la démocratie et un faible niveau d'éducation.

Le sexe des électeurs n'a, quant à lui, aucune influence sur ce comportement. Les électeurs du PTB en Wallonie sont plus souvent du côté gauche du spectre gauche-droite et sont plus souvent âgés entre 18 et 34 ans.

"Politiques, gérez"

Le professeur Kris Deschouwer (Université Libre néerlandophone de Bruxelles, VUB) résume le message que les partis politiques devraient retirer de cette enquête. "Les électeurs attendent une gestion et une réponse à leurs questions. De façon croissante, ils ne se sentent pas représentés par leurs politiques. Ils ont été témoins de nombreuses disputes et petits jeux stratégiques entre les partis. Si la réponse des politiques n’arrive pas, il ne faut pas s’étonner que les électeurs décrochent".

Kris Deschouwer n’est pas rassuré par ce que les élections du 26 mai ont apporté. "Ce que j’ai vu ces dernières semaines n’est pas de nature à restaurer la confiance des électeurs dans la politique. Jusqu’à présent on a très peu parlé de gestion, mais surtout beaucoup de stratégie".