Jean-Luc Crucke (MR) à propos des négociations gouvernementales : "Il nous faut des hommes d’Etat"

C’est ce dimanche soir que les informateurs Johan Vande Lanotte et Didier Reynders vont réunir pour la première fois autour de la table les présidents des différents partis. On ignore où et quand cette réunion aura lieu mais il est quasi certain que le la N-VA et le PS y participeront. Le ministre wallon Jean-Luc Crucke (MR) estime que chacun devrait mettre un peu d’eau dans son vin. "Aujourd’hui nous avons besoin d’hommes d’Etat" a-t-il déclaré ce dimanche matin à la VRT.

Les informateurs Johan Vande Lanotte (SP.A) et Didier Reynders (MR) réunissent aujourd'hui pour la première fois les présidents des différents partis, dont la N-VA et le PS, pour discuter de la formation du futur gouvernement fédéral. On ne sait pas exactement qui sera présent ni où ils se réuniront.

"La discrétion et la confidentialité sont nécessaires et nous devons respecter cela. Soyons encore patients demain lundi les informateurs feront certainement une déclaration", a déclaré le ministre wallon du Budget, des Finances, de l'Energie et du Climat Jean-Luc Crucke (MR) dans l’émission "De ochtend" sur Radio 1. Lundi, les informateurs remettront leur rapport au Roi, deux mois après avoir reçu leur mission.

Selon le vice-président du MR,  il était temps que le PS et la N-VA se parlent. "Aujourd'hui, nous avons besoin d'hommes d'État", ajoute-t-il. "Bien sûr, il y a des différences entre la N-VA et le PS et entre francophones et flamands, mais à un moment donné, il faut pouvoir écouter l’autre. Cela ne signifie pas nécessairement que vous êtes d'accord sur le fond. En ce qui concerne le confédéralisme, on ne pourra pas trouver  d'accord avec le PS, ni avec le MR."

Mais il ne faudrait pas non plus que cela devienne une discussion sans issue. "S'asseoir autour de la table, c'est donner à chacun la possibilité de s'exprimer. Et ensuite, il faudra gouverner."

En théorie, un gouvernement sans la N-VA serait possible au vu des résultats des élections, mais ce gouvernement ne serait pas majoritaire du côté flamand. "Ce ne serait pas le scénario le plus facile pour les années à venir", admet Jean-Luc Crucke.

Néanmoins, et il fait notamment allusion à l'augmentation du déficit budgétaire, qui s'élève déjà à 7 milliards d'euros cette année. "Le problème communautaire existe dans notre pays, dit-il. "Mais il y a aussi la gravité de la situation. À mon avis, la première chose que nous devrions faire serait de gérer la situation et de gouverner."

Le PS se rendra bien à la réunion des informateurs

Le PS se rendra bien à la réunion que devraient organiser les informateurs fédéraux, Didier Reynders (MR) et Johan Vande Lanotte (SP.A), ce dimanche, a-t-on appris au siège du parti.

Un brouillard épais flotte autour de cette réunion qui précède un nouveau rapport des informateurs au Roi lundi. Jusqu'à présent, si elle a bien, lieu, elle devrait commencer à 18h mais dans un lieu jusqu'ici confidentiel.

La liste des invités suscite également des spéculations. Jeudi passé, MM. Reynders et Vande Lanotte ont tenté de réunir les deux premiers partis de chaque communauté linguistique, le PS et la N-VA, mais l'entrevue a été annulée au dernier moment, par le PS, selon certaines sources. Entre les deux formations, l'écart est grand. Les nationalistes flamands ont d'ailleurs dit et répété qu'ils ne voulaient discuter que d'une seule chose avec le PS, à savoir le confédéralisme, tandis que les socialistes francophones ont dit et répété qu'ils n'entendaient pas discuter avec la N-VA car ils ne veulent pas ouvrir la porte au confédéralisme.

Le PS a cette fois-ci bien l'intention de se rendre à la réunion de dimanche à laquelle devraient également prendre part le SP.A, les libéraux flamands et francophones, le CD&V et la N-VA.

Quid des écologistes? La N-VA et, récemment, l'Open VLD, ont indiqué qu'ils ne voulaient pas gouverner avec les Verts. Et si Groen est disponible pour participer à une réunion où la N-VA est assise autour de la table, il n'en va pas de même pour Ecolo. La co-présidente Zakia Khattabi a d'ailleurs fait savoir sur Twitter qu'elle retirait la prise pendant quelques jours.

L'objectif de la réunion n'est en principe pas d'entamer une négociation. Lors de leur dernière conférence de presse, les informateurs avaient expliqué qu'ils allaient plancher sur une note ouvrant la "préformation" et non la "formation" d'un gouvernement fédéral après avoir discuté avec les uns et les autres.