Des travaux sur le rail bruxellois perturberont la circulation des trains à l’automne

Infrabel, le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire belge, a demandé à la SNCB de supprimer chaque jour - de la mi-octobre à la mi-novembre - une centaine de trains qui traversent Bruxelles. La Société nationale des chemins de fer belges craint des répercussions pour 68.000 navetteurs en automne, précisent notamment les quotidiens De Tijd et L’Echo. Une crainte que partagent les associations de navetteurs. Infrabel souligne que "le but des travaux effectués n'est pas de paralyser le trafic à Bruxelles".

Infrabel travaille depuis des années à la rénovation de l’infrastructure dans la gare de Bruxelles-Midi. Au printemps 2017, les aiguillages et le dispositif de signalisation de la jonction nord-sud ont été modernisés. Il faut maintenant le faire au sud de la gare bruxelloise.

"Les travaux sont indispensables pour assurer un trafic ferroviaire ponctuel et sûr. Il s’agit de l’axe le plus fréquenté de notre réseau ferroviaire. Environ un tiers de tout le trafic des trains de passagers passe par le jonction nord-sud à Bruxelles", précise Frédéric Petit d’Infrabel.

Le gestionnaire de l'infrastructure propose de ne pas faire rouler tous les trains circulant aux heures de pointe (les "trains P") au départ et à destination de Bruxelles. Les travaux nécessiteront la fermeture complète de la jonction nord-sud durant les longs week-ends des 1er et 11 novembre.

Mais, au grand étonnement de la SNCB, des perturbations importantes sont attendues également du 14 octobre au 8 novembre. Infrabel doit en effet verrouiller pas moins de 30% des aiguillages avant la gare Bruxelles-Midi, ce qui réduira sensiblement le trafic sur l'axe ferroviaire le plus fréquenté du pays.

La suppression de tous les trains P bruxellois aurait des répercussions considérables, déplore la SNCB qui estime avoir été prise de court. Les trains concernés transportent en moyenne 68.000 voyageurs par jour et comptent 91.000 places assises. La mesure toucherait ainsi 1 navetteur sur 4 qui vient à Bruxelles durant les heures de pointe du matin.

"Une mesure inacceptable"

La demande faite par Infrabel à la SNCB est jugée "inacceptable" par l'association de voyageurs Navetteurs.be. "Nous regrettons une fois de plus d'apprendre par la presse qu'Infrabel prend une décision en dépit du bon sens et sans tenir compte de l'impact sur les voyageurs. Après les menaces de fermetures de lignes, Infrabel impose à la SNCB d'adapter son offre durant un mois pour réaliser ses travaux sans tenir compte de l'impact sur 68.000 voyageurs qui subissent déjà de nombreux désagréments au quotidien. Alors que certains trains aux heures de pointe sont déjà bondés, la mesure imposée réduirait de 91.000 l'offre de places assises", souligne le porte-parole de Navetteurs.be, Gianni Tabbone.

Un avis partagé par l'association flamande de navetteurs TreinTramBus. "Le voyageur ne se soucie guère des problèmes de communication entre la SNCB et Infrabel et en est à nouveau victime", regrette l'association. L'organisation de voyageurs espère qu'un bon plan pourra encore être mis en place. Un groupe de travail étudie actuellement toutes les alternatives. La décision tombera au milieu du mois prochain.

Le pendant flamand de la CGSP Cheminots, l'ACOD Spoor, plaide quant à lui pour le retour à une seule et même entreprise, avec un seul CEO. "La communication entre les deux compagnies de chemin de fer est devenue un problème structurel au niveau de la direction depuis la scission du chemin de fer en 2005. C’est particulièrement visible dans les résultats au niveau de la ponctualité des trains et dans le manque de communication opérationnelle avec les voyageurs", selon le syndicat.

L'ACOD pointe également les économies qui pourraient être faites et l'amélioration de la communication interne. "Ces économies ne profiteraient qu'au personnel et aux voyageurs: un PDG, un conseil d'administration, un comité de direction ... et une ligne de communication interne avec une prise de décision uniforme. En particulier, en ce qui concerne les travaux ferroviaires nécessaires sur la connexion nord-sud."

"Le but n'est pas de paralyser le trafic ferroviaire à Bruxelles"

Infrabel précise ce mardi que "le but des travaux effectués n'est pas de paralyser le trafic à Bruxelles". Etant donné que les consultations sont toujours en cours, il est actuellement impossible de déterminer le nombre définitif de trains supprimés, indique le gestionnaire. Infrabel regrette par ailleurs les "fuites" dans la presse, qui vont "à l'encontre de l'intérêt du client qui s'inquiète maintenant de savoir quelles seront les conséquences précises de ces travaux".

Infrabel indique avoir été pris de cours par ces révélations, car les groupes de travail poursuivent encore leurs échanges concernant les travaux sur la jonction Nord-Midi. "Le travail est en cours de finalisation. Les décisions concernant l'organisation du trafic ferroviaire devraient tomber dans les prochaines semaines. Le but est de limiter un maximum l'impact sur les voyageurs", selon le gestionnaire de réseau. "Nous regrettons donc de ne pas pouvoir apporter de réponse précise aux voyageurs à ce stade".

"Environ 1200 trains circulent chaque jour sur l'axe Nord-Midi de Bruxelles très fréquenté. Cela signifie qu'il faudra trancher pour certains trains (L, IC ou P-trains). L'offre doit être adaptée à la capacité disponible", selon Infrabel. Le gestionnaire de l'infrastructure pointe également que ces travaux de modernisation sont indispensables. Il est notamment nécessaire de procéder à l'informatisation de la signalisation afin d'installer le système de freinage des trains ETCS, qui fait partie du plan élaboré après la catastrophe ferroviaire de Buizingen pour garantir davantage de sécurité sur le rail.

"Les travaux sont considérables. Il s'agit de la digitalisation de tous les outils de gestion de trafic sur les 22 voies de la gare du Midi", pointe Infrabel. Le gestionnaire insiste sur le fait que le calendrier des travaux a été mûrement réfléchi. "Cette période a été choisie pour les deux longs week-ends à venir, ceux du 1er novembre et du 11 novembre. Mais aussi parce que les conditions météorologiques, comme la neige par exemple, ne poussent pas les voyageurs à prendre le train".

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