Les Etats-Unis demandent la participation belge pour sécuriser le détroit d’Ormuz

La Belgique a reçu - tout comme l'Allemagne et les Pays-Bas - une demande formelle de la part des Etats-Unis de participer à une mission maritime de sécurisation du détroit d'Ormuz. Ce dernier est le théâtre de tensions entre l'Iran, Londres et Washington, indiquent des sources concordantes.

Les Etats-Unis ont approché leurs alliés en leur demandant, d'abord de façon informelle en juin puis maintenant formellement, de participer à une opération de sécurisation des voies maritimes internationales potentiellement menacées par l'Iran dans le Golfe persique. Les tensions dans le Golfe se sont accrues ces derniers mois, Washington accusant Téhéran, qui a démenti, d'avoir attaqué des pétroliers dans le détroit stratégique d'Ormuz, où transite un tiers du pétrole brut mondial.

"Maintenant, il y a des démarches plus formelles", a indiqué une source gouvernementale informée à l'agence Belga, sans préciser si la demande portait sur un navire de guerre, comme l'écrivait le quotidien De Morgen sur son site internet. Une demande confirmée par le président de la commission de la défense de la Chambre, Peter Buysrogge (N-VA), qui a précisé qu'elle était parvenue, par les canaux diplomatiques, à Bruxelles le 19 juillet, selon des informations que lui a communiquées le ministre de la Défense et des Affaires étrangères, Didier Reynders (MR).

Selon le député nationaliste flamand, un gouvernement en affaires courantes ne dispose pas de la capacité de répondre à cette demande sans l'aval du parlement. L'état-major de la Défense étudie actuellement si c’est possible d'un point de vue militaire et technique, puis le parlement devra, en concertation avec le ministre Reynders, éventuellement décider s'il est politiquement opportun" de répondre favorablement à la demande américaine, a indiqué Peter Buysrogge. Selon lui, la question sera mise à l'agenda de la première réunion de la commission de la Défense, en principe après les vacances parlementaires, soit vers la mi-septembre.

L'entourage de Didier Reynders a aussi évoqué l'implication de la commission de suivi des opérations à l'étranger de la Chambre. Elle a été constituée le 20 juillet, mais qui ne dispose pas encore d'un président. Elle peut toutefois se réunir sur proposition du président de la Chambre, Patrick Dewael (Open VLD), et sous la présidence du député le plus âgé, a expliqué Buysrogge. Selon lui, il n'y a pas de règle sur la commission (Affaires étrangères, Défense, suivi des opérations) à consulter en premier.

Deux frégates belges

La Marine belge dispose de deux frégates "multifonctionnelles", le F930 Léopold I et le F931 Louise-Marie (photo). La première doit appareiller vendredi midi de Zeebrugge pour une mission de cinq mois dans l'océan Atlantique, au cours de laquelle elle participera à deux exercices de haute intensité au sein de l'une des escadres permanentes de l'Otan, le "Standing NATO Maritime Group 1" (SNMG-1).

Outre la Belgique, l'Allemagne a également été sollicitée par les Etats-Unis pour s'engager dans le Golfe, selon l'ambassade américaine à Berlin, tout comme les Pays-Bas, depuis début juillet. La Haye a été approchée pour fournir une contribution à une coalition qui garantirait la liberté de navigation dans les détroits d'Ormuz (qui sépare l'Iran des Emirats arabes unis à la sortie du Golfe) et de Bab al-Mandeb (entre le Yémen et Djibouti), deux couloirs stratégiques par lesquels transitent notamment des pétroliers.