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Les discussions pour la formation d’un gouvernement flamand en phase cruciale ?

L'informateur flamand et président de la N-VA, Bart De Wever, a repris jeudi soir à Bruxelles les discussions en vue de la formation d'un gouvernement en Flandre en recevant le parti d’extrême-droite Vlaams Belang. De Wever aurait également eu des entretiens jeudi soir avec des représentants du CD&V, du SP.A et d’Open VLD. Les discussions de formation vont-elles prendre un coup d’accélérateur, et quelle coalition pourrait en émerger ?

A l’issue des élections fédérales, régionales et européennes du 26 mai, la N-VA demeure le plus grand parti en Flandre, malgré un léger recul. Le grand vainqueur du triple scrutin est cependant le Vlaams Belang, qui est devenu le deuxième plus grand parti de Flandre. Mais à deux, N-VA et VB n’obtiennent pas de majorité et devraient donc trouver un ou des partenaire(s). Or, jusqu’à présent, aucun parti en Flandre ne veut aider N-VA et Vlaams Belang à former une coalition. Les autres partenaires possibles de coalition - CD&V, Open VLD et SP.A, auxquels De Wever avait remis une note en juin - ont clairement affirmé qu'ils ne souhaitaient pas s'associer à l'extrême droite.

Les discussions avaient été suspendues début juillet par le président de la N-VA, De Wever réclamant plus de clarté quant à la situation au niveau fédéral. Depuis lors, le parti nationaliste aurait reçu des signaux qui lui permettent de reprendre les pourparlers au nord du pays. Le bourgmestre d'Anvers a décidé de reprendre ces consultations en recevant en premier lieu des représentants du parti d'extrême droite à Bruxelles.

Le Vlaams Belang répète sa volonté de gouverner en Flandre

Tom Van Grieken (photo archives), président du Vlaams Belang, a insisté sur la volonté de son parti de participer au prochain gouvernement flamand, à l'issue de sa rencontre avec l'informateur Bart De Wever. "Le Vlaams Belang et la N-VA doivent former une coalition avec un troisième partenaire si nous ne voulons pas ignorer le signal de l'électeur", a indiqué le leader de la formation d'extrême droite.

"Nous avons dressé un état des lieux et réaffirmé notre position selon laquelle la N-VA et le Vlaams Belang doivent unir leurs forces au sein d'un gouvernement pour que le signal de l'électeur soit honoré", a détaillé Van Grieken. "Ce signal doit être visible dans la coalition."

Selon des rumeurs circulant ces derniers jours, Bart De Wever devait signifier au Vlaams Belang qu'il est impossible de gouverner avec lui au niveau flamand, mais Tom Van Grieken ne s'est pas exprimé à ce sujet. Il renvoie la balle dans le camp du formateur. "S'il veut vraiment du changement, ça doit être avec nous ainsi qu'avec un troisième partenaire. S'il veut autre chose, il doit choisir d'autres partenaires." La N-VA n'a pas fait de commentaire à l’issue de la réunion.

La pression augmente sur le formateur flamand

Interviewé ce vendredi matin dans l’émission radio "De ochtend" (VRT), Filip Dewinter, figure de proue du Vlaams Belang à Anvers et député flamand, estimait que Bart De Wever doit "apporter de la clarté" sur la formation du prochain gouvernement flamand. Dewinter espère que le formateur optera pour une coalition de droite avec le Vlaams Belang. "Bart De Wever ne doit pas subir le chantage du duo Beke et Rutten, qui a perdu les élections."

"Tout le monde suppose que cela se fera sans nous, mais je n'en suis pas convaincu. Si Bart De Wever tient bon, il y a alors un boulevard pour la participation gouvernementale du Vlaams Belang dans un gouvernement démocratique qui porte les vainqueurs", a-t-il dit. Selon lui, la N-VA laisse planer "trop d'incertitude".

Coalition bourguignonne ou suédoise ?

Quelles sont les options pour un nouveau gouvernement flamand si les partis traditionnels refusent de collaborer avec le Vlaams Belang ? Dans un premier temps, on songe à la coalition sortante - aux couleurs du drapeau suédois - constituée de la N-VA, du CD&V et d’Open VLD. Elle s’est affaiblie à l’issue des élections, mais conserve tout de même une majorité de sièges.

L’éventualité d’une coalition "bourguignonne" est aussi évoquée par divers observateurs et partis. La N-VA s’associerait alors aux libéraux flamands d’Open VLD et aux socialistes du SP.A. Mais cette coalition n’aurait qu’un seul siège d’avance. Et les socialistes flamands ne sont pas encore convaincus de vouloir entrer dans un gouvernement régional de droite. Le président du SP.A, John Crombez, a cependant reçu des présidents de sections locales du parti le feu vert pour "aller écouter" ce que la N-VA pourrait avoir à lui proposer.

Une coalition bourguignonne pourrait cependant faciliter la formation du gouvernement fédéral, car si la N-VA entrait dans une équipe fédérale, ce serait vraisemblablement avec les libéraux et les socialistes.

Jan Jambon ministre-président ?

Et qui sera le successeur du ministre-président flamand Geert Bourgeois ? Jusqu’à présent, c’est le président de la N-VA qui mène les négociations de formation et pendant la campagne électorale il avait aussi laissé entendre qu’il était candidat à la ministre-présidence flamande, bien qu’il ait été reconduit en octobre 2018 pour un second mandat en tant que bourgmestre d’Anvers.

Mais le nom de Jan Jambon (N-VA), ex-ministre de l’Intérieur au fédéral, circule également pour le poste. Dans l’émission "Terzake" de la VRT, le bourgmestre de Middelkerke Jean-Marie Dedecker (élu député le 26 mai sur la liste de la N-VA, mais comme candidat indépendant) déclarait que Jambon (photo archives) pourrait reprendre le rôle de formateur.